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La fête du travail célébrée hier 1er mai : La loi sur la grève, la pension des retraites remises sur la table

La fête du travail célébrée hier 1er mai : La loi sur la grève, la pension des retraites remises sur la table
Dernière mise à jour le 01/05/2012 à 10:38

Insuffisance de la pension des retraites qui ne dépasse pas 1.000 DH pour certains bénéficiaires, dialogue social réduit, violations des législations sociales, protection des libertés syndicales, hausse des salaires… Autant de sujet qui ont été mis en exergue par les différentes centrales syndicales (CDT, UMT, UGTM), hier mardi 1er mai, fête du travail, en pleine polémique sur le projet de loi sur la grève que tient à faire passer, mordicus, le gouvernement d’Abdelilah Benkirane.

C’est ainsi que l’UMT compte, selon les termes de son secrétaire général Miloudi Moukharik, poursuivre sa bataille historique pour la défense de la liberté syndicale dont en premier le droit de grève et celui de la négociation et d’un dialogue véritable.

Pour Mustapha Nachit, secrétaire régional à Casablanca de l’UGTM, hier était une occasion pour la classe ouvrière de dresser le bilan des réalisations et des acquis après la mise en œuvre de la nouvelle constitution.

Le secrétaire général de la CDT, Noubir Amaoui, a pour sa part assuré que son syndicat est déterminé à poursuivre la lutte et à militer pour la consolidation du changement politique.

Le ministre de l’Emploi anticipe et fait le point

Vendredi dernier à Rabat, Abdelouahed Souhail, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle, avait anticipé sur la fête du travail, en tenant un point de presse au cours duquel il a apporté des éclaircissements sur différents points, non sans dresser un bilan des réalisations gouvernementales sur ces mêmes sujets.

Le ministre n’a pas manqué de prendre position sur les désaccords dans les relations syndicats/gouvernement. Selon lui, la politique de résorption du chômage constitue l’une des priorités de l’actuel gouvernement, eu égard aux diplômés qui arrivent chaque année sur le marché de l’emploi, en plus des jeunes qui n’ont pas terminé leur scolarité.

Selon le ministre, les résultats des programmes d’accompagnement sont mitigés: à fin 2011, “Idmaj” a permis l’insertion de 300.000 chercheurs d’emploi, 18.100 jeunes ont bénéficié de “Moukaoualati” et 900 petites entreprises ont été créées dans le cadre de ce programme.

Et de souligner que la rationalisation de la gouvernance du marché du travail  sera confiée à un nouvel organisme: l’Observatoire National de l’Emploi, qui sera chargé d’orienter le gouvernement dans le cadrage de sa politique.

En matière de législation, de nombreux textes ont été adressés au Secrétariat général du gouvernement (Loi cadre sur la santé et la sécurité au travail, projet de loi portant révision du secteur de la mutualité…).

Le nombre de salariés déclarés à la CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) a connu en 2011 une augmentation de 8% passant à 2.541.636.

Des pourparlers sont aussi en cours actuellement pour un audit de toutes les mutuelles.

La loi sur la grève

Si la CGEM (Confédération générale des entreprises du Maroc) et les Chambres professionnelles ont consigné par écrit leurs observations sur le projet de loi relatif à l’exercice du droit de grève, les syndicats, par contre, se sont contentés de signaler oralement que cette loi ne constitue pas une priorité du moment. A ce sujet, Abdelouahad Souhail a lancé un avertissement non voilé aux syndicats.

“L’ensemble des partenaires doivent coopérer pour que cette loi voit le jour le plutôt possible, compte tenu de l’intérêt qu’elle revêt pour l’économie du pays, autrement, le gouvernement serait dans l’obligation de la faire sortir sans tenir compte de  leurs avis.”

Abdelouahed Souhail.

Le ministre a également évoqué la formation professionnelle qui doit être valorisée par la reconnaissance du rôle qu’elle joue dans l’insertion des jeunes dans le circuit économique en créant des passerelles avec le système d’enseignement général et par une implication plus implorante de l’entreprise.

Un système de retraite à revoir

Quant au régime des retraites, M. Souhail a fait savoir que “le nombre d’adhérents aux régimes de retraite diminue et ceux qui en profitent augmentent, si nous continuons sur cette lancée, à plus ou moins brève échéance,  les trois organismes: RCAR (Régime collectif d’allocation de retraite, CMR (Caisse marocaine des retraites) et la CNSS ne pourront plus faire face à leurs obligations.”

Trois scénarios sont proposés et celui qui semble le plus à même d’être retenu, vu la complexité des deux autres, maintient le système actuel avec une révision des paramètres: âge de départ à la retraite, montant des cotisations, etc.

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