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Un 1er mai placé sous le signe de l’austérité

Un 1er mai placé sous le signe de l’austérité
Dernière mise à jour le 01/05/2012 à 22:05

Sous le signe de l’austérité et sur fond de crise du modèle social européen, les traditionnels défilés ont marqué le 1er mai en Europe et dans le reste du monde.

En Espagne, plus de 100.000 manifestants ont défilé dans 80 villes, dans un pays marqué par la crise, des coupes budgétaires sans précédent et une réforme du travail introduite par le gouvernement conservateur pour tenter de réduire un taux de chômage record.

Derrière une grande banderole où l’on pouvait lire « Travail, dignité, droits. Ils veulent tout détruire », des dizaines de milliers de personnes ont parcouru le centre de Madrid en agitant des milliers de petits drapeaux rouges.

Malgré la réforme, l’Espagne a pulvérisé vendredi un nouveau record de chômage dans les pays industrialisés, avec un actif sur quatre (24,4%) sans emploi.

Des milliers de personnes ont défilé à Lisbonne et dans plusieurs autres villes du Portugal avec pour mot d’ordre la lutte pour l’emploi et contre l’appauvrissement du pays, actuellement sous assistance financière.

Les deux principales centrales syndicales, la CGTP, proche des communistes, et l’UGT, ont défilé séparément à Lisbonne. Ces deux centrales sont divisées notamment sur la réforme du code du travail, acceptée par l’UGT mais rejetée par la CGTP.

En Grèce, frappée par une politique de rigueur encore plus sévère, des milliers de personnes ont participé aux manifestations à Athènes et dans d’autres villes.

Ces défilés interviennent à cinq jours des élections législatives du 6 mai, dont le résultat est incertain en raison de la baisse de popularité des deux principaux partis, la Nouvelle-Démocratie (droite), partant favori, et les socialistes du Pasok, sanctionnés pour la politique d’austérité.

En France, à cinq jours du second tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a défié la gauche en rassemblant à Paris des dizaines de milliers de partisans (220.000 selon son camp).

Distancé dans tous les sondages, qui donnent le socialiste François Hollande vainqueur de la présidentielle avec 53 à 54% des suffrages, le président sortant a promis, s’il est réélu, de mettre en place « un nouveau modèle social ».

La présidente du parti d’extrême droite Front national, Marine Le Pen, arrivée troisième au premier tour de la présidentielle le 22 avril avec 17,9% des voix, a indiqué, lors d’une allocution prononcée au cours d’une autre manifestation à Paris, qu’elle refusait de choisir entre François Hollande, « faux espoir », et Nicolas Sarkozy, « nouvelle déception ».

Quant au cortège réuni dans la capitale à l’appel des syndicats, il a rassemblé 48.000 personnes, selon la police, qui a estimé qu’un total de 316.000 personnes avaient participé aux défilés syndicaux dans toute la France. Selon le syndicat CGT, elles étaient 250.000 à manifester à Paris et 750.000 dans toute la France.

Les socialistes belges francophones ont fêté le 1er mai les regards rivés vers le second tour de la présidentielle française, dont ils espèrent qu’il marquera « un tournant pour l’Europe » en portant François Hollande au pouvoir.

En Suisse, les manifestations du 1er Mai, dont la partie officielle s’est déroulée dans le calme, ont donné lieu à de violents affrontements à Zurich (nord) entre des jeunes gens et la police.

Une vingtaine de personnes, principalement des jeunes gens encagoulés, ont incendié des poubelles et lancé des pierres et des bouteilles contre les forces de l’ordre qui ont riposté avec des tirs de grenades lacrymogènes et un canon à eau, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une centaine de policiers en tenue anti-émeutes ont bloqué une partie du centre-ville et procédé à plusieurs arrestations.

En Italie, les trois grands syndicats ont organisé à Rome un grand concert après avoir participé à des manifestations, notamment à Rieti, près de la capitale, pour demander au gouvernement d’aider davantage les jeunes face à la crise. Plus de 300.000 jeunes étaient rassemblés pour ce spectacle.

A Moscou, le président élu Vladimir Poutine et le chef de l’Etat sortant Dmitri Medvedev ont rejoint la grande manifestation – plus de 150.000 personnes selon la police – organisée par les syndicats pro-Kremlin à moins d’une semaine de l’investiture le 7 mai du nouveau chef de l’Etat.

A Istanbul, des dizaines de milliers de manifestants ont convergé vers la place Taksim où des dizaines de personnes avaient été tuées il y a 35 ans.

Un groupe d’une centaine de personnes, la plupart cagoulées, a brisé les vitres de plusieurs succursales de banques et de magasins dans le quartier de Mecidiyeköy, situé à quelques kilomètres de la vaste esplanade.

A Tunceli (est), une province majoritairement kurde, la manifestation du 1er mai a également dégénéré en heurts, a rapporté l’agence de presse Anatolie.

Plus de 20.000 Tunisiens ont manifesté dans le centre de Tunis, à l’appel des syndicats, pour l’emploi, la justice sociale et l’unité nationale.

Aux Etats-Unis, des milliers de manifestants ont protesté contre les inégalités, à l’initiative du mouvement « Occupy », donnant quelquefois lieu à des accrochages violents avec la police.

A New York, des incidents ont brièvement opposé des manifestants aux forces de l’ordre près de New York University, où plusieurs personnes ont été arrêtées, a constaté un photographe de l’AFP. Au moins cinq interpellations ont également eu lieu sur le pont de Williamsburg, entre Manhattan et Brooklyn, où marchaient quelque 200 protestataires.

Des manifestations ont aussi eu lieu à Los Angeles, dont une à l’aéroport international, sans causer de perturbations.

A Cuba, le président Raul Castro a présidé un gigantesque défilé à La Havane, aux côtés de près de 2.000 invités étrangers.

Des « centaines de milliers » de personnes, a affirmé la télévision cubaine, ont défilé sur la place de la Révolution, où, selon des participants, il y avait plus de monde que lors de la messe publique du pape Benoît XVI, qui avait réuni quelque 300.000 personnes fin mars.

Au Venezuela, la durée légale maximum du travail est passée de 44 à 40 heures hebdomadaires, selon une loi « historique » ratifiée par le président Hugo Chavez à l’occasion du 1er mai.

Au Chili, les défilés se sont terminés par des incidents graves à Santiago et mineurs dans d’autres villes du pays, avec des affrontements entre des manifestants masqués et la police.

A Santiago, des milliers de manifestants ont parcouru la célèbre avenue de l’Alameda à l’appel de la CUT, la principale centrale syndicale du pays, pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, a constaté un correspondant de l’AFP.

A la fin du défilé, des dizaines de manifestants masqués ont lancé des pierres sur la police dont un agent a été blessé au visage, selon ce correspondant.

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