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Vingt morts dans des affrontements hier au Caire : L’armée se dit prête à quitter le pouvoir le 24 mai

Vingt morts dans des affrontements hier au Caire : L’armée se dit prête à quitter le pouvoir le 24 mai
Dernière mise à jour le 02/05/2012 à 14:00

La campagne électorale dérape en Égypte. À trois semaines des élections présidentielles (23 et 24 mai), et alors que la campagne vient d’être lancée lundi, ce sont de véritables scènes de chaos qui ont eu lieu hier mercredi au Caire: vingt personnes ont été tuées et des dizaines blessées, lors d’affrontements entre des manifestants hostiles au pouvoir militaire et des assaillants non identifiés qui ont attaqué à l’aube ces protestataires rassemblés depuis plusieurs jours dans le quartier d’Abbassiya, à proximité du ministère de la Défense.

Mais la campagne électorale n’est pas seule à expliquer ce climat politique de plus en plus noué; il faut y ajouter le blocage du processus de rédaction d’une nouvelle Constitution, et le bras de fer qui oppose les Frères musulmans, qui dominent le Parlement, et l’armée, sur un remaniement du gouvernement nommé par les militaires.

Scènes d’une rare violence

Hier, les deux camps ont échangé pendant des heures des jets de pierres et des cocktails molotov, tandis que des personnes étaient battues à coups de barre de fer dans de véritables scènes de lynchage. Des coups de feu étaient toujours entendus hier après-midi.

Les médecins de l’hôpital de campagne installé non loin du lieu des violences ont fait état de 20 morts et des dizaines de blessés.

Les violences lors des manifestations en Égypte sont fréquemment attribuées à des hommes de main en civil, les baltaguia accusés d’agir sur commande. L’armée et la police anti-émeutes ont installé un cordon de sécurité pour tenter de séparer les deux camps dans l’après-midi.

L’armée prête à quitter le pouvoir le 24 mai

Cette nouvelle situation de chaos a poussé hier l’armée à réagir en se déclarant prête à quitter le pouvoir dès le 24 mai en cas de victoire de l’un des candidats à la présidentielle dès le premier tour, selon son chef d’état-major.

L’armée avait auparavant promis de remettre le pouvoir aux civils avant la fin juin, une fois le nouveau président élu, un second tour étant prévu les 16 et 17 juin.

Des candidats suspendent leur campagne

Plusieurs candidats à l’élection présidentielle ont, de leur côté, suspendu leur campagne en signe de protestation. Parmi eux, l’islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh et le Frère musulman Mohammed Morsi qui a affirmé à des journalistes qu’il suspendait sa campagne “pour 48 heures en signe de solidarité avec les manifestants”, et qu’il tenait “le Conseil suprême des forces armées (au pouvoir) pour responsable”.

Les salafistes en colère

Parmi les protestataires qui campaient près du ministère de la Défense, figurent des partisans du leader salafiste Hazem Abou Ismaïl, qui criaient au complot et refusaient l’exclusion par la commission électorale de ce candidat à la présidentielle. Hazem Abou Ismaïl est l’un des dix candidats sur 23 à avoir été éliminé en raison d’irrégularités. Selon les autorités, sa mère a obtenu la nationalité américaine, ce qui contrevient à la loi électorale.

L’opposant Mohamed ElBaradei, qui n’est pas candidat, a dénoncé sur son compte Twitter un “massacre”: “Le Conseil suprême des forces armées et le gouvernement sont incapables de protéger les civils ou sont de mèche avec les voyous. L’Égypte va à vau-l’eau”, a-t-il ajouté.

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