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Le Soudan du sud dénonce de nouveaux bombardements, malgré l’injonction de l’ONU

Le Soudan du sud dénonce de nouveaux bombardements, malgré l’injonction de l’ONU
Dernière mise à jour le 03/05/2012 à 21:43

Le Soudan du Sud a accusé le Soudan d’avoir de nouveau bombardé jeudi son Etat pétrolifère et frontalier d’Unité, au lendemain d’une résolution de l’ONU exigeant pourtant des deux voisins, sous peine de sanctions, la cessation des hostilités sous 48 heures.

Khartoum s’est cependant dit prêt jeudi à cesser les hostilités avec le Sud dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, tout en se réservant le droit de se défendre en cas d’ »agression ».

« Le ministère des Affaires étrangères annonce que le gouvernement du Soudan accueille favorablement la résolution du Conseil de sécurité émise mercredi », indique le porte-parole du ministère dans un communiqué.

Les avions soudanais « ont largué des bombes et leur artillerie a tiré en direction d’une base SPLA (l’armée sud-soudanaise) », avait affirmé auraravant le porte-parole de l’armée sud-soudanaise, Philip Aguer. « C’est un signe qu’ils se préparent pour une attaque au sol. »

Six bombes larguées par des chasseurs MiG ont touché une position sud-soudanaise à Panakuach, vers la ligne de front où s’affrontent les armées soudanaises et sud-soudanaises depuis fin mars, a assuré le porte-parole.

D’autres bombardements aériens, ainsi que les tirs d’artillerie, ont visé la base SPLA de Lalop, où les troupes sud-soudanaises ont creusé des tranchées ces dernières semaines, a-t-il dit. « Sur place, la SPLA se prépare à une attaque, (les hommes) sont prêts à défendre leurs positions, » a poursuivi M. Aguer.

Il n’était pas possible de vérifier ces informations de manière indépendante. Khartoum nie systématiquement tout bombardement sur le Soudan du Sud.

Mais ces accusations interviennent au lendemain du vote, à l’unanimité, d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU exigeant du Soudan et du Soudan du Sud non seulement la cessation des hostilités mais aussi le règlement de leurs différends en trois mois.

Juba comme Khartoum s’étaient pourtant dit prêtes à la paix.

« C’est une bonne résolution, car elle va sanctionner ceux qui n’acceptent pas la décision et la feuille de route de l’UA (Union africaine) (…) ce que nous avons déjà fait de notre côté », avait réagi le ministre sud-soudanais de l’Information, Barnaba Marial Benjamin, après l’adoption du texte onusien.

L’ambassadeur soudanais à l’ONU, Daffa-Alla Elhag Ali Osman, avait estimé que le conflit devait se régler « à l’intérieur du continent africain sous la direction de M. (Thabo) Mbeki », le médiateur de l’UA.

Et signe que la méfiance restait de mise, il avait regretté que la résolution « ignore l’agression continue menée par le Soudan du Sud contre le Soudan » et rappelé que ce dernier avait le droit de repousser toute incursion sur son sol.

Le porte-parole de l’armée sud-soudanaise Philip Aguer a, lui, émis des doutes sur l’efficacité de la résolution de l’ONU si elle n’est pas accompagnée de déploiement d’observateurs sur le terrain.

« Les souhaits ne suffisent pas, l’ONU devrait venir surveiller les frontières », a déclaré M. Aguer, soulignant que l’aviation soudanaise bombardait le Sud depuis deux ans.

« Je ne pense pas que Khartoum va s’arrêter juste parce que l’ONU le souhaite. Ils ont toujours nié les bombardements, mais alors qui bombarde? Sans observateurs pour mettre les responsables au pied du mur, je doute que cela les arrête », a-t-il ajouté.

Les tensions n’ont cessé de s’intensifier entre les deux voisins depuis l’indépendance du Soudan du Sud, en juillet 2011. En cause: des différends jamais réglés, parmi lesquels le tracé de la frontière commune, le partage des revenus pétroliers et le statut de zones contestées, comme celle d’Abyei.

Mais la violence s’est accélérée fin mars, quand d’intenses combats ont éclaté le long de la frontière entre l’Etat d’Unité et celui, soudanais, du Kordofan-Sud, autour d’un champ pétrolier contesté (Heglig).

La situation s’est encore envenimée à partir du 10 avril, quand l’armée sud-soudanaise a pris Heglig aux troupes soudanaises.

Affirmant répondre aux pressions internationales, Juba a fini par retirer ses troupes de cette zone ultra-stratégique — Khartoum, qui a perdu les trois quarts de ses ressources pétrolières à la partition du Soudan, en tirait au moins la moitié de sa production de brut avant les récents combats–.

Mais les bombardements soudanais se sont malgré tout poursuivi.

Le regain de tension est tel que la communauté internationale craint une nouvelle guerre ouverte entre le Nord et le Sud, qui dans le passé se sont déjà livré des décennies de guerre civile.

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