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Le Hamas met en garde Israël contre le décès de détenus en grève de la faim

Le Hamas met en garde Israël contre le décès de détenus en grève de la faim
Dernière mise à jour le 04/05/2012 à 19:10

Le mouvement islamiste Hamas a mis en garde vendredi Israël contre les conséquences de l’éventuel décès de détenus palestiniens en grève de la faim, dont l’état de santé se détériore selon leurs avocats.

« Il faut se rendre compte que la grève de la faim n’est pas une partie de plaisir et nous pourrions être surpris par la mort de certains d’entre eux », a déclaré un dirigeant du Hamas à Gaza, Khalil al-Hayaa, lors du prêche du vendredi prononcé à la tente de solidarité avec les prisonniers, dressée dans le centre-ville de Gaza.

« Si cela se produit, attendez-vous à tout de notre part, l’attendu comme l’inattendu », a prévenu le responsable du Hamas, sans autre précision. « Nous disposons des moyens de la mobilisation populaire et du combat », a-t-il insisté.

Le mouvement radical Jihad islamique avait déjà menacé cette semaine de ne plus observer la trêve avec Israël en cas de décès d’un des détenus.

Vendredi, des manifestations de solidarité avec les prisonniers se sont tenues à travers les Territoires palestiniens, rassemblant en particulier 2.000 personnes à Ramallah, en Cisjordanie.

Deux détenus accusés d’appartenance au Jihad islamique, Thaër Halahla, 34 ans, et Bilal Diab, 27 ans, observaient vendredi leur 66ème jour de grève de la faim.

Dans un appel urgent, Amnesty International a estimé que la vie de ces deux hommes était « en danger », en soulignant que d’autres grévistes de la faim n’avaient toujours pas accès à des médecins indépendants de l’administration pénitentiaire.

Thaër Halahla et Bilal Diab ont comparu jeudi devant la Cour suprême mais cette dernière a renvoyé sa décision sur leur demande de remise en liberté, selon leur avocat et des organisations palestiniennes des droits de l’Homme.

Au cours de l’audience, M. Diab s’est évanoui, selon la même source. A l’hôpital, il est enchaîné à son lit en permanence, a précisé l’avocat.

Amnesty a réclamé la libération de tous les prisonniers qui ont cessé de s’alimenter pour protester contre leur détention sans inculpation ni procès.

Au moins un tiers des quelque 4.700 détenus palestiniens d’Israël sont actuellement en grève de la faim, selon l’administration pénitentiaire israélienne et des sources officielles palestiniennes.

Ce mouvement collectif a été lancé par quelque 1.200 détenus le 17 avril, date de la Journée des prisonniers palestiniens.

Les prisonniers réclament l’abolition de l’isolement carcéral et de la détention administrative, une disposition controversée héritée du mandat britannique sur la Palestine qui permet l’incarcération sans inculpation ni jugement pour des périodes de six mois renouvelables indéfiniment.

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