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Le mariage précoce des filles « conduit souvent à la violence domestique et au divorce »

Le mariage précoce des filles « conduit souvent à la violence domestique et au divorce »
Dernière mise à jour le 05/05/2012 à 18:12

Lors d’un colloque, initié par le Centre Isis pour Femmes et Développement et le Centre Sud Nord, M. Ennaji, également chercheur universitaire, a souligné que l’ignorance et l’analphabétisme « demeurent les principales causes du mariage des filles mineures ».

Citant des statistiques du Ministère de la justice relatives au phénomène du mariage précoce des filles, le président du centre Sud Nord a relevé que le nombre des cas de mariage des filles mineures est en hausse : 30.685 cas en 2008 , 33.253 cas en 2009, et 34.000 cas en 2010.

Il a insisté à cet égard sur l’impératif de coordonner les actions de l’Etat et de la société civile pour protéger les filles et promouvoir leurs droits à la dignité humaine, à l’éducation et à la formation.

De son côté, Mme Fatima Sadiqi, présidente du Centre Isis pour Femmes et Développement a indiqué que ce colloque tend à débattre des causes du mariage des mineures et à sensibiliser sur les conséquences néfastes de ce phénomène, ajoutant que cette rencontre de deux jours sera axée également sur l’examen d’une application adéquate du Code de la famille.

Elle a fait savoir que ce colloque vise aussi à sensibiliser les décideurs à abroger l’article 20 du Code de la famille et l’article 475 du Code pénal et à prévoir des sanctions sévères contre toute infraction à la loi et à toute forme de violence contre les femmes.

Pour sa part, Mme Kenza El Ghali, représentante de la commune urbaine de Fès, a souligné que le mariage des filles mineures est une question complexe qui « nécessite un dialogue urgent et courageux », appelant les parties concernées à renforcer les actions d’orientation et de sensibilisations pour éradiquer le phénomène du mariage des filles mineures et lutter contre toutes les formes de violence et d’exploitation des filles.

Cette rencontre qui réunit des écoliers, des acteurs associatifs, des ONG, des juges, des avocats et des parlementaires est organisé en partenariat avec l’Union Nationale des Organisations Féminines et Vital Voices.

Les participants débattront de plusieurs thèmes tels « Le mariage des mineures et la violence contre les femmes et les filles », « L’examen du code de la famille (Moudawana) et de son application » ,  » Les procédures juridiques adoptées par les tribunaux » , « Le lobbying pour une mise en ?uvre adéquate de la Moudawana », « Les causes et les conséquences des mariages de mineures »,  » Les moyens de lutter contre ces mariages illégaux » et « Le rôle des ONGs et de l’Etat pour éradiquer ce fléau ».

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