Aufait Maroc

Madrid rejette l’offre de dialogue de l’ETA et la commission internationale

Madrid rejette l’offre de dialogue de l’ETA et la commission internationale
Dernière mise à jour le 05/05/2012 à 17:37

Le gouvernement espagnol conservateur a rejeté samedi l’offre de dialogue de l’organisation séparatiste basque ETA et la médiation d’une commission internationale, une semaine après avoir annoncé un nouveau plan assouplissant le régime de détention pour certains prisonniers.

L’ETA, considérée comme responsable de la mort de 829 personnes en plus de 40 ans de lutte armée pour l’indépendance du Pays basque, a annoncé en octobre 2011 qu’elle renonçait définitivement à la violence.

Très affaibli par les arrestations en série menées ces dernières années en France et en Espagne, le groupe s’est dit depuis « disposé à parler » de désarmement mais a demandé en échange la libération de ses quelque 700 prisonniers détenus en Espagne et en France.

En mars, l’ETA avait de nouveau proposé un « dialogue direct » mais cette fois uniquement à l’Etat français, en vain.

Car pour Madrid, pas question de négocier avec l’ETA. Le gouvernement de droite, depuis sa prise de fonction en décembre, reste ferme dans son discours et exige une dissolution pure et simple du groupe armé.

Il l’a répété samedi. « Le gouvernement n’a pas négocié, ne négocie pas, et ne négociera jamais avec l’ETA », a martelé le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernández Díaz. « Nous exigeons sa dissolution inconditionnelle », a-t-il ajouté.

Une mise au point en forme de fin de non recevoir à la commission internationale de vérification (CIV), qui, la veille, avait proposé implicitement ses bons offices en faisant état de « contacts directs » avec une ETA « prête à dialoguer » sur son désarmement.

Le collectif des prisonniers de l’organisation a appuyé le message, affirmant samedi qu’il était prêt à « faire quelques pas » supplémentaires si le gouvernement était prêt à « en finir avec les mesures d’exception et de dispersion (des prisonniers) ».

« Nous ne reconnaissons aucune légitimité à ces vérificateurs. Avec la garde civile et la police, nous disposons de suffisamment de vérificateurs pour contrôler que l’ETA se dissout ou non », a tranché le ministre de l’Intérieur.

La CIV effectuait sa troisième visite dans le pays depuis sa création en septembre 2011 pour vérifier l’application du cessez-le-feu annoncé par l’ETA en janvier.

Madrid n’a jamais reconnu cette commission composée de hautes personnalités comme l’ex-ministre sud-africain des services secrets Ronnie Kasrils, l’ex-secrétaire général d’Interpol Raymond Kendall ou encore Chris Maccabe qui a participé au processus de paix en Irlande du Nord.

Au coeur des négociations voulues par l’ETA, figure le sort des quelque 700 prisonniers de l’ETA détenus dans les prisons françaises et espagnoles.

Le rapprochement des détenus est une revendication de longue date des familles de prisonniers de l’ETA, qui dénoncent leur éloignement du Pays basque et leur isolement dans des prisons espagnoles ou françaises.

Car au-delà du discours ferme, le gouvernement a annoncé le 26 avril un nouveau plan destiné à faciliter la réinsertion des prisonniers « terroristes », dont ceux de l’ETA, qui accepteraient de renoncer à la violence.

Ce programme prévoit que le rapprochement de certains prisonniers « pourra être facilité, mais ne sera pas automatique ».

Mais, signe de l’ultra-sensibilité du sujet, cette décision a d’un côté été jugée insuffisante par la gauche indépendantiste basque et de l’autre, a été fermement rejetée par certaines associations de victimes.

Samedi, le chef de l’opposition socialiste et ex-ministre de l’Intérieur Alfredo Perez Rubalcaba a lui appelé le gouvernement de Mariano Rajoy à « faire tout son possible pour (…) que l’ETA cesse d’exister. « Dans cette tâche, il est évident que le parti socialiste va être aux côtés du gouvernement », a-t-il ajouté.

A lire aussi...

Retrouvez-nous sur Facebook