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Québec : accord de principe pour mettre fin à un grave conflit étudiant

Québec: accord de principe pour mettre fin à un grave conflit étudiant
Dernière mise à jour le 05/05/2012 à 21:15

Le gouvernement québécois et les associations étudiantes sont parvenus samedi à un accord de principe qui pourrait mettre fin à la plus longue grève des cours de l’histoire du pays marquée par une mobilisation record et des dérives violentes.

« Afin de mettre fin au conflit actuel, nous sommes arrivés à un terrain d’entente entre toutes les parties impliquées. Je tiens à saluer le caractère respectueux des échanges qui ont eu lieu au cours des dernières heures », a commenté la ministre québécoise de l’Éducation, Line Beauchamp.

Cet accord, qui doit encore être approuvé par les membres des syndicats étudiants et dont les détails n’ont pas été dévoilés, intervient après 23 heures de négociations non-stop entre le gouvernement et les associations étudiantes, en grève depuis douze semaines.

« La grève n’est pas terminée. Ce sont les assemblées qui décideront de la fin du conflit », a aussitôt réagi la CLASSE, le mouvement étudiant représentant la moitié des quelque 170.000 étudiants québécois en grève. Les étudiants devront se prononcer au cours des prochains jours sur cet accord.

Cet accord de principe – qualifié de « feuille de route » par des syndicats ayant assisté aux négociations, « d’offre » par les étudiants et de « terrain d’entente » par la ministre – intervient au lendemain de manifestations violentes en marge du congrès du Parti libéral (PLQ) du Premier ministre Jean Charest.

Plus de 2.000 manifestants s’étaient réunis vendredi devant le Centre des congrès de Victoriaville, municipalité située à environ 170 kilomètres à l’est de Montréal, où le parti a déplacé son conseil national, prévu à l’origine dans la métropole, pour éviter les manifestations.

Un noyau de casseurs s’est placé sur la ligne de front, et a lancé des pierres en direction de l’édifice et des policiers de la Sûreté du Québec qui ont répliqué avec les gaz irritants, pour ensuite charger la foule et tirer des balles en caoutchouc.

Neuf personnes – six manifestants et trois policiers – ont été blessés, dont trois étudiants qui ont été transportés dans d’autres hôpitaux hors de la ville car ils avaient subi des traumatismes crâniens, mais on ne craint plus pour leur vie, selon des responsables.

Un « jeune homme a perdu l’usage d’un oeil », a indiqué dans un communiqué transmis à l’AFP le centre hospitalier universitaire de la ville de Trois-Rivières. Selon des proches, il s’agirait d’un étudiant du Cégep (collège d’enseignement général et professionnel) de St-Laurent, à Montréal.

L’oreille d’un autre étudiant aurait aussi été sévèrement coupée, selon des témoins. « Nous étions en haut de la petite butte (derrière le lieu des manifestations), il y a un gars qui avait l’oreille en sang », a dit à l’AFP une manifestante ayant assisté à la scène.

« Les policiers ont utilisé la force nécessaire pour assurer la sécurité des citoyens », a déclaré samedi le capitaine Jean Finet de la Sûreté du Québec (SQ, police provinciale).

Les policiers ont interpellé 106 personnes pendant et à la suite de cette manifestation, l’une des plus violentes depuis le début du conflit entre le gouvernement et les associations étudiantes opposées à la hausse de 75% sur cinq ans des droits de scolarité (325 dollars/an, 1.625 dollars), censée les porter à 3.800 dollars par année.

Des revendications sociales et environnementales se sont aussi greffées au discours des manifestants. « Premier ministre, premier responsable », scandaient samedi des manifestants marchant autour du Centre des Congrès de Victoriaville, où le parti au pouvoir semblait presque en état de siège, protégé par des dizaines et des dizaines de policiers anti-émeutes.

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