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Israël : Netanyahu annonce des élections législatives anticipées

Israël: Netanyahu annonce des élections législatives anticipées
Dernière mise à jour le 06/05/2012 à 18:35

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé dimanche soir qu’il convoquait des élections législatives anticipées, laissant entendre que le scrutin aurait lieu au mois de septembre.

« Je ne veux pas qu’il y ait un an et demi d’instabilité politique accompagnée de chantages et de populisme. Mieux vaut une campagne électorale courte de quatre mois pour assurer la stabilité politique », a déclaré M. Netanyahu devant une convention de son parti Likoud (droite) à Tel-Aviv.

Les médias israéliens ont prédit la date du mardi 4 septembre pour le scrutin, mais M. Netanyahu n’a pas précisé le jour. La législature s’achève normalement en octobre 2013.

Le Parlement doit discuter lundi en lecture préliminaire de la proposition de loi de dissolution de la Chambre, qui devrait être adopté le lendemain ou au plus tard le surlendemain.

« Il faut un Likoud grand et fort. Nous allons former un gouvernement aussi large que possible pour assurer l’avenir d’Israël », a promis le Premier ministre de droite, qui est donné grandissime favori pour conduire le prochain gouvernement.

« Ces élections se tiendront probablement en septembre. Le Likoud va gagner et le Premier ministre (Netanyahu) formera le prochain gouvernement », a déclaré à l’AFP le ministre des Finances Youval Steinitz.

Devant 3.500 militants enthousiastes du Likoud, « Bibi » Netanyahu a brossé un bilan positif de ses trois années au pouvoir, évoquant notamment la bonne santé économique d’Israël, des réformes dans l’Education « gratuite à partir de l’âge de trois ans » et « la construction en cours de 80.000 logements ».

« Nous avons ramené Gilad Shalit vivant à la maison », a aussi rappelé M. Netanyahu, en faisant référence au soldat israélien échangé par le mouvement islamiste palestinien Hamas après plus de cinq ans de captivité à Gaza contre un millier de prisonniers palestiniens.

Le Premier ministre a par ailleurs indiqué qu' »il y a trois ans, l’Iran poursuivait son programme nucléaire sans que nul ne s’y oppose, alors que le monde se mobilise aujourd’hui contre ce programme, en partie grâce à nous ».

« Nous avons aussi instauré davantage de sécurité », a encore affirmé M. Netanyahu, en soulignant notamment qu’Israël s’est doté d’une « barrière de sécurité » en Cisjordanie ainsi que du système de défense anti-missiles « Iron Dome » (Dôme de Fer).

« Nous voulons faire la paix avec nos voisins, mais en préservant nos intérêts vitaux », a plaidé M. Netanyahu.

Ce faisant, il a de facto ouvert sa campagne électorale en vue d’obtenir un troisième mandat de Premier ministre. Champion incontesté de la droite israélienne, il apparaît aujourd’hui sans rival.

Près de la moitié (48%) des Israéliens le plébiscitent comme le meilleur candidat à sa succession, selon un récent sondage publié par le quotidien Haaretz. Son principal rival, la chef du Parti travailliste (opposition de centre-gauche) Shelly Yachimovich, est loin derrière (15%).

Selon une enquête du journal Maariv, publié vendredi, le Likoud devrait aussi l’emporter haut la main. Il obtiendrait 31 sièges (sur 120) contre 27 actuellement. Les Travaillistes sont crédités de 18 sièges, Israël Beiteinou (droite nationaliste) de 12 et Kadima (centre-droit) de 11. Yesh Atid, une nouvelle formation du journaliste vedette Yaïr Lapid, obtiendrait 11 sièges.

Selon les commentateurs, M. Netanyahu veut profiter de sa popularité et de l’absence d’un véritable rival, et surtout éviter de procéder avant les élections à des coupes prévues dans les budgets sociaux dans un climat de grogne.

De plus, il souhaite bénéficier d’une légitimité intérieure renforcée en vue d’une possible épreuve de force avec le grand allié américain après la présidentielle de novembre, sur le programme nucléaire de l’Iran et les négociations avec les Palestiniens gelées depuis 2010.

M. Netanyahu est considéré comme partisan d’une attaque israélienne contre les installations nucléaires de l’Iran, à laquelle s’opposent non seulement les Américains mais aussi, selon les commentateurs, l’armée israélienne, le Mossad (renseignement extérieur) et la majorité du gouvernement.

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