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Edito : François Hollande, selon Jacques Attali

Edito : François Hollande, selon Jacques Attali
Dernière mise à jour le 07/05/2012 à 15:25

Jacques Attali, économiste écrivain et conseiller d’état honoraire, avait critiqué les deux candidats à la présidentielle française en affirmant que leurs programmes ne contenaient que des détails de dépenses nouvelles ou d’impôts symboliques ne rapportant rien. Il avait renvoyé dos à dos les deux candidats face à une crise implacable contre laquelle personne n’a de solution valable.

Le soir de l’élection de François Hollande, il revient dans son blog sur la personnalité du nouveau président de France en se faisant plus positif. Selon Attali, Hollande est resté attaché à deux idées fondamentales qui ne l’ont jamais quitté: la justice sociale et la construction européenne.

La justice sociale, réalité inquantifiable selon Attali est aujourd’hui au plus bas. “Hollande a raison d’en faire son ambition majeure. Il lui reste à apprendre à apprécier à leur juste valeur les entrepreneurs et les exigences de la compétitivité. Il devra en déduire que, contrairement à ce qu’il soutient aujourd’hui, les richesses créées méritent d’être moins taxées que les richesses transmises, les entrepreneurs moins que les rentiers”. En clair, il est plus juste de taxer les patrimoines, les successions, les transmissions, plutôt que les revenus.

L’Europe, elle, est aussi devenue l’enjeu principal de la vie publique française. Cette élection nous confirme d’abord un théorème: nul ne peut être élu Président de France s’il n’est pas un pro-européen convaincu. C’est parce qu’il était vu comme pro-européen que Nicolas Sarkozy a été élu en 2007; c’est parce qu’il a pris ses distances avec le projet européen qu’il a été battu juge Attali. Et le principal défi de ce mandat sera justement la survie de l’Union Européenne… Cest l’Union, et elle seule, qui permettra de dégager les marges de manœuvre financière, par les euro-bons, pour financer la croissance, et donc l’emploi, les transferts sociaux et les investissements publics.

Reste à François Hollande à apprendre à diriger seul: toute sa vie politique l’a amené à chercher des compromis avec ses amis ou alliés, pour obtenir le meilleur consensus, ajoute Jacques Attali. La preuve de son mandat sera dans la cohérence à trouver entre l’exigence de la réduction de la dette publique, de la justice sociale et de l’Europe.

S’il échoue, en 2017 prédit Attali l’euro n’existera plus et le niveau de vie baissera d’un tiers. S’il réussit (et Attali pense qu’il le peut), “la France, dans cinq ans, aura été à l’avant-garde de la création d’une Europe fédérale, dont pourtant personne n’aura osé parler pendant cette campagne”… Cela ne serait pas la première fois que François Hollande surprendrait.

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