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L’absence d’accord avec Juba sur le pétrole aurait coûté au Soudan 2,4 milliards de dollars

L’absence d’accord avec Juba sur le pétrole aurait coûté au Soudan 2,4 milliards de dollars
Dernière mise à jour le 07/05/2012 à 20:17

L’absence d’accord avec le Soudan du Sud sur les frais de passage du pétrole a coûté 2,4 milliards de dollars à l’économie du Soudan, a déclaré lundi devant le Parlement le ministre des Finances.

Ce différend est au coeur des tensions qui on fait craindre ces dernières semaines un nouveau conflit entre les deux pays, jusqu’à l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu imposé par l’ONU après un mois de combats frontaliers.

« Nos pertes en raison de l’absence d’accord avec le Soudan du Sud sur l’utilisation de l’oléoduc s’élèvent à 6,5 milliards de livres soudanaises », a déclaré le ministre Ali Mahmoud al-Rasoul.

Selon le taux de change officiel ce chiffre équivaudrait à 2,4 milliards de dollars alors qu’au marché noir, où la livre a perdu de sa valeur depuis la partition du Soudan en juillet, le montant serait d’1,2 milliard de dollars.

En devenant indépendant le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud a hérité des trois-quarts de la production de brut du Soudan d’avant la sécession (soit environ 350.000 barils/jour), mais reste tributaire des oléoducs soudanais pour l’exporter.

Les deux parties n’arrivent pas à s’entendre sur les frais de passage et Khartoum a décidé de se payer en prélevant du pétrole sud-soudanais, à la fureur de Juba qui a stoppé sa production en janvier.

Selon un économiste étranger, les revenus pétroliers du Soudan, déjà affaiblis, ont diminué de 20% supplémentaires — soit plus de 700 millions de dollars de manque à gagner — depuis que le champ pétrolier disputé d’Heglig a été touché par les violences en avril.

Le Soudan a annoncé la semaine dernière avoir recommencé à pomper du pétrole dans son principal champ pétrolier situé à Heglig, douze jours après que les troupes sud-soudanaises ont quitté la zone, qu’ils avaient conquise et qui a été dévastée par des semaines de combats. Khartoum n’a pas précisé combien de pétrole a été pompé à Heglig qui fournit environ la moitié de la production nationale, soit 50.000 à 55.000 barils par jour.

Alors que les recettes ont considérablement baissé au cours de l’année écoulée, le ministre des Finances a indiqué devant le Parlement que les dépenses avaient augmenté de 13% « à cause de la guerre au Kordofan-Sud et au Nil Bleu », deux Etats soudanais frontaliers du Soudan du Sud où Khartoum est confrontée à des rébellions.

L’économie soudanaise n’est pas en faillite, a assuré dimanche le président Omar el-Béchir, les réserves de change du pays sont pourtant au plus bas, et l’inflation déjà endémique a encore atteint 22,6% en avril, une nouvelle hausse par rapport aux 22,4% enregistrés en mars, a indiqué lundi le Bureau central des statistiques.

Selon la résolution du Conseil de sécurité adopté mercredi dernier, Juba et Khartoum devront « reprendre les négociations sans condition » sous les auspices de l’UA et les conclure « dans les trois mois », notamment sur la question des ressources pétrolières.

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