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La Grèce cherche un gouvernement introuvable, les Bourses s’affolent

La Grèce cherche un gouvernement introuvable, les Bourses s’affolent
Dernière mise à jour le 08/05/2012 à 21:28

La Grèce menacée de paralysie politique s’est enfoncée mardi dans une crise qui a plombé les bourses mondiales, les marchés craignant que le pays ne revienne sur ses engagements de rigueur sous l’influence d’un parti de gauche radicale sorti galvanisé des législatives.

La coalition anti-austérité de la gauche radicale Syriza, propulsée dimanche second parti de Grèce, s’est vue confier mardi par le chef de l’Etat le casse-tête de former un gouvernement, après l’échec des conservateurs à rallier une majorité favorable à l’austérité dans le parlement issu des urnes dimanche.

Au vu de la composition arithmétique de la nouvelle assemblée où aucune majorité ne se dégage, cette mission semble impossible. Le dirigeant du Syriza a exclu d’appartenir à un gouvernement de coalition avec des partis qui acceptent le plan de redressement de la Grèce dicté par l’UE et le FMI.

C’était jusqu’à présent la position du Pasok socialiste et de la Nouvelle Démocratie (droite), qui l’ont payé par un score désastreux aux législatives de dimanche.

« Il est clair que la formation d’un gouvernement de coopération n’est pas possible », a estimé mardi soir le président de la chambre de commerce gréco-américaine Iannos Grammatidis en jugeant, comme de nombreux autres commentateurs, « inévitable » l’organisation de nouvelles élections en Grèce.

Du coup, les investisseurs craignent que l’instabilité politique ne débouche sur l’arrêt de la poursuite du deuxième plan de sauvetage international accordé au pays en octobre, qui mènerait à court ou moyen terme à un défaut de paiement du pays.

Inquiétudes relancées par les déclarations du président de la Commission européenne José Manuel Barroso qui n’a laissé aucune marge de manoeuvre mardi à ceux qui veulent renégocier le « mémorandum » d’accord conclu entre le pays et ses créanciers: les pays les plus en difficulté de la zone euro doivent se plier à une stricte discipline budgétaire sinon c’est le « défaut de paiement », a-t-il dit, après un message de même teneur en provenance de Berlin lundi.

A Athènes, Alexis Tsipras a trois jours, ainsi que le prévoit la Constitution, pour tenter de former un gouvernement.

Emergeant des urnes comme le principal parti anti-austérité après un quasi quadruplement de son score par rapport à 2009, le Syriza a mené une campagne entièrement hostile aux efforts demandés à la Grèce par ses créanciers. Notamment les nouvelles baisses de salaires et de retraites attendues.

M. Tsipras dénonce les conditions « barbares » d’accès aux prêts internationaux fixés par l’UE et le FMI, et rejette particulièrement les efforts demandés à la Grèce pour 2013 et 2014 qui devaient être discutés par la « troïka » des créanciers du pays (UE-BCE-FMI) dès la fin mai. Il demande aussi l’arrêt d’une partie du paiement de la dette.

Mardi, il a fixé ses priorités: « annulation » des mesures de dérégulation du travail récemment votées, « contrôle public sur le système bancaire », « création d’une commission internationale de contrôle de la dette ».

D’ici l’expiration de son mandat, M. Tsipras doit mener des contacts avec l’ensemble des dirigeants politiques du pays. Mais il s’est déjà heurté mardi à une fin de non recevoir de la dirigeante communiste du KKE, Aleka Papariga, fidèle à son isolationnisme, qui n’a même pas voulu le rencontrer.

A gauche, deux chefs de parti, un dissident du Syriza et le parti ecologiste, lui ont demandé de clarifier sa position sur l’appartenance de la Grèce à l’euro.

Pendant la campagne, il a souvent été accusé par son rival Pasok d’être un fossoyeur de la participation de la Grèce à l’euro par ses positions maximalistes anti-austérité.

Mardi soir, devant l’urgence de la situation, le dirigeant du Pasok et ancien ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, a proposé la constitution d’un gouvernement « d’union nationale » à toutes les formations qui satisferaient deux exigences : rester dans l’euro et renégocier avec l’UE et le FMI.

Ce qui dans sa bouche est une avancée: il s’était jusqu’à présent cantonné à demander un an de plus pour permettre à la Grèce de respecter ses objectifs budgétaires.

« Le pays se dirige vers la catastrophe. S’il n’y a pas un gouvernement d’unité nationale dans les prochains jours, de nouvelles élections semblent inévitables (…) en juin et la victoire du bloc extrême anti-rigueur de Tsipras est évidente », met en garde le journal libéral Kathimérini dans son éditorial mardi.

Pour les marchés, le risque est celui d’un « défaut de la Grèce sur l’une de ses prochaines échéances, avec un degré de probabilité élevé, mais aussi le début des démarches nécessaires pour organiser la sortie de la Grèce de la zone euro », ont prévenu les stratégistes du Crédit Mutuel-CIC.

A la clôture mardi, la bourse de Francfort a perdu 1,90%, Londres 1,78% et Milan 2,37%. Celle d’Athènes a poursuivi sa descente aux enfers, clôturant en chute de 3,62% à son niveau d’il y a 20 ans, après un plongeon de 6,67% la veille. A Wall Street, le Dow Jones a perdu 0,59%.

Les taux allemands à 10 ans ont enregistré leur plus bas historique à 1,540%. En revanche, en Espagne, le taux grimpait à 5,790%, en Italie à 5,426% et le taux grec bondissait à 22,254%.

La Grèce a également enregistré une autre sanction financière mardi, avec une hausse, à 4,69% des taux qu’elle a dû consentir pour emprunter 1,3 milliard d’euros sur six mois.

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