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Crise économique : Comment en sortir sans se limiter à l’austérité ?

Crise économique : Comment en sortir sans se limiter à l’austérité ?
Dernière mise à jour le 09/05/2012 à 14:01

Joseph Leddet, polytechnicien et expert en économie, notre correspondant à Paris, soutien énergiquement une politique volontariste, loin des politiques d’austérité engagées en Grèce, Espagne, Portugal et France.

Ses observations pourraient être appliquées à tout pays qui connaitrait les mêmes dérives du déficit budgétaire et de sa dette publique.

Le Maroc semble se diriger actuellement dans cette direction. Il est déjà engagé dans une politique d’investissement dans des infrastructures, de soutien de la consommation intérieure tout en souhaitant réduire ses dépenses de fonctionnement.

Élection de Hollande, un espoir pour l’Europe ?

L’arrivée au pouvoir de ce nouveau président en France provoque en fait le frémissement d’un espoir de changement, d’une autre politique plus cohérente et plus lisible, tant pour la France que pour l’Europe.

Alors que la construction européenne s’est révélée largement hors des préoccupations tant des présidents qui ont précédé (M. Chirac et M. Sarkozy), -sauf pour ce dernier à emboiter le pas à la chancelière allemande Angela Merkel pour diviser l’Union et enfoncer les pays du Sud dans la crise-, M. Hollande propose lui, au niveau de l’Union européenne, un véritable projet de développement collectif, notamment sur le plan énergétique.

L’effort que les deux derniers présidents de droite n’auront pas été capables de réaliser en 17 ans de mandat, à savoir une politique de grands projets européens en vue de souder les pays-membres, peut-être un président de gauche saura-t-il lui redonner un nouveau souffle, pour le plus grand bien du vieux continent …

BCE: urgent de la mettre enfin au service de l’Europe

Nous avons pu constater -et ce dès la fin 2007- que la Banque centrale européenne (BCE), était au service exclusif du secteur bancaire, lui fournissant depuis maintenant près de cinq ans des milliers de milliards d’euros, sous forme “d’open bar financier” permanent et illimité.

Parallèlement, rien n’est fait pour soutenir les Etats en difficulté, au premier rang desquels la Grèce, alors qu’en décembre 2009, il aurait suffi d’un simple coup de fil du chef-cambiste de la BCE aux patrons de salles de marchés de quelques grandes banques internationales pour stopper dans l’œuf la spéculation, menée par deux ou trois fonds d’investissement internationaux contre la dette grecque, notamment via le marché des ‘Credit Default Swaps’, ou CDS.

À cet égard, Jean-Claude Trichet le président de la BCE de l’époque, porte une lourde responsabilité devant l’Histoire, et s’il existait un Tribunal pénal financier international, il mériterait d’y être traduit pour faute grave, voire pour non-assistance à Nation en danger…

Mais on ne refait pas le passé. À présent il faut se tourner vers l’avenir, et mettre au plus vite la BCE au service de l’Europe et de ses États-membres, en supprimant de ses statuts cette règle imbécile, -défendue bec et ongles par l’Allemagne-, lui interdisant d’acheter de la dette des États-membres, sous prétexte que cela risquerait de provoquer de l’inflation.

François Hollande doit donc convaincre les 15 autres pays de la zone euro de s’associer avec lui contre l’Allemagne en faveur d’une telle indispensable réforme.

Pour une réforme radicale du mode d’action du secteur bancaire

Il semble continue Joseph Leddet, qu’aujourd’hui les établissements bancaires sont enserrés, voire paralysés dans un carcan de règles prudentielles qui leur interdit de prêter l’argent comme autrefois dans des conditions normales aux entreprises, spécialement aux PME, les incitant à replacer le gros des sommes gigantesques fournies par la BCE auprès de la même BCE (cf. supra), et ce à un taux inférieur à celui que celle-ci le leur facture!

Afin de contrer un tel dysfonctionnement, une idée à creuser pourrait être de transformer les banques commerciales en courtiers financiers, qui transmettraient sous forme de prêts ou de subventions aux PME l’argent émis par la Banque centrale, et ce selon des règles précises définies par les pouvoirs publics (idem pour les particuliers).

La Banque de France servirait naturellement de relais entre la BCE et les banques commerciales nationales pour mettre en œuvre ce système dans notre pays. L’argent n’apparaitrait plus alors au bilan des banques, il ne leur appartiendrait plus, elles deviendraient des courtiers financiers, avec bien évidement un rôle actif dans la distribution des subventions et des prêts, et dans le recouvrement de ces derniers. Idée stupide sans doute, mais quand même prônée par le seul savant français à avoir obtenu le prix Nobel d’économie, à savoir Maurice Allais.

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