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Libye : un mort et quatre blessés dans l’attaque du siège du gouvernement

Libye: un mort et quatre blessés dans l’attaque du siège du gouvernement
Dernière mise à jour le 09/05/2012 à 7:33

Les autorités libyenne ont fait usage de la force mardi pour déloger des ex-rebelles armés qui avaient pris d’assaut le siège du gouvernement à Tripoli pour réclamer des primes, provoquant des affrontements qui ont fait un mort et quatre blessés, selon le gouvernement.

Le porte-parole du gouvernement, Nasser al-Manaa, a indiqué au cours d’une conférence de presse au siège du gouvernement, qu’une intervention des services de sécurité avait été « nécessaire » pour repousser les assaillants et évacuer les fonctionnaires.

Selon lui, un membre de la Haute commission de sécurité, qui dépend du ministère de l’Intérieur, a été tué, et trois autres blessés, dans des affrontements avec les assaillants, qui comptent un blessé de leur côté.

Il a estimé que les assaillants, venus de la ville de Yefren (ouest), étaient au nombre de 200 environ, équipés de 50 véhicules sur lesquels étaient montées des armes de différents calibres.

Le gouvernement libyen a commencé il y a quelques mois à verser des primes aux rebelles ayant participé aux combats contre les forces de Mouammar Kadhafi durant les huit mois du conflit libyen, avant de les suspendre quelques semaines plus tard suite à des « irrégularités ». Cette suspension a provoqué l’ire d’ex-rebelles qui n’ont pas reçu leur part.

Tard dans la soirée, le Premier ministre Abdelrahim al-Kib a affirmé que son gouvernement « ne cèdera pas au chantage et aux hors-la-loi et ne négociera pas sous la menace des armes ». « Le ministère de l’Intérieur a arrêté les agresseurs et la situation est sous contôle total », a ajouté M. Kib qui lisait un communiqué à la télévision publique libyenne. Il a appelé les Libyens à participer aux funérailles du membre des services de sécurité tué, « le héros et matyr » Ali al-Gaout, pour manifester contre les armes.

Peu après, le ministre de l’Intérieur, Fawzi Abdelal, qui lisait lui aussi un communiqué, a promis de la fermeté dans l’application de la loi. « Le ministère protègera les bâtiments et institutions de l’Etat avec tous les moyens, y compris l’usage de la force si nécessité il y avait », a-t-il dit.

En début de soirée, les alentours du siège du gouvernement étaient sous le contrôle des autorités qui ont tenu à organiser leur conférence de presse dans ce bâtiment, dont les abords étaient jonchés de douilles et plusieurs vitres brisées.

La tension était palpable dans la ville où plusieurs check-points ont été installés. En début d’après-midi, un responsable du gouvernement avait indiqué qu’un « grand nombre » d’hommes armés encerclaient le bâtiment. « Ils ont tiré dessus avec des armes, dont des canons anti-aériens », a indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat ce responsable qui trouvait dans les locaux au moment de l’attaque. « Un groupe a réussi à entrer dans le bâtiment et il y a eu des tirs à l’intérieur », a-t-il ajouté.

Des témoins ont rapporté que des voitures armées avaient encerclé le siège du gouvernement et fermé toutes les routes autour du bâtiment, provoquant des embouteillages.

Un groupe d’ex-rebelles avait déjà attaqué le siège du gouvernement le 10 avril, provoquant l’indignation du cabinet du Premier ministre Abdel Rahim al-Kib et du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir).

Le gouvernement a été à plusieurs reprises critiqué pour son échec à asseoir son autorité et à s’opposer aux milices formées par les ex-rebelles qui font la loi dans le pays.

Un plan d’intégration de ces combattants a conduit toutefois au recrutement de plusieurs milliers d’entre eux par les ministères de l’Intérieur et de la Défense.

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