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Le rappeur Mouad Belghawat condamné à un an de prison ferme

Le rappeur Mouad Belghawat condamné à un an de prison ferme
Dernière mise à jour le 11/05/2012 à 15:01

Le rappeur marocain, Mouad Belghawat, poursuivi pour outrage à la police, a été condamné à un an de prison ferme, a indiqué vendredi à l’AFP une source judiciaire.

Le chanteur « a été condamné à un an de prison ferme par le tribunal de 1ère instance de Casablanca et à une amende de 1.000 dirhams », selon la même source.

Mouad Belghawat, 24 ans, a été arrêté le 28 mars par trois policiers en civil et présenté le lendemain devant un tribunal de Casablanca. Son procès a été reporté plusieurs fois avant le jugement de vendredi.

« C’est une sentence lourde. Malheureusement le juge a prononcé une sentence extrême, sans sursis et sans circonstances atténuantes », a déclaré à l’AFP Me Omar Bendjelloun.

Lors de la dernière audience, le tribunal avait arrêté et placé en garde-à-vue, pour « injure » à l’avocat de la police, la militante Maria Karim venue soutenir le rappeur, provoquant le retrait de la défense.

« A cause de ce retrait, la plaidoirie de la défense n’a pas été notifiée et le juge ne l’avait pas prise en considération dans son jugement », poursuit Me Bendjelloun.

« Nous allons faire appel de ce jugement. C’est un procès contre la liberté d’expression », conclut l’avocat.

Le rappeur est accusé « d’outrage à un officier public dans le cadre de ses fonctions et à un corps constitué » sur la base d’une vidéo diffusée sur le réseau social Youtube, où apparaissent des policiers marocains sur fond d’une chanson du jeune rappeur.

Surnommé « Al-Haqed » (le « rancunier »), le jeune rappeur avait déclaré devant le juge, lors de l’audience du 8 avril, qu’il n’avait pas diffusé cette vidéo et que sur Youtube, « n’importe qui peut diffuser n’importe quoi ».

L’ONG Human Rights Watch (HRW) avait pour sa part demandé aux autorités marocaines d' »annuler les accusations » contre le contestataire et le libérer.

« Cette affaire est tout simplement une affaire de liberté d’expression. Chaque jour qu’il (le rappeur) passe en prison rappelle la distance entre les lois du Maroc et sa pratique, ainsi que les droits garantis par sa nouvelle constitution », selon l’ONG basée à New York.

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