Aufait Maroc

Les « indignés » de Francfort campent depuis sept mois au pied d’une BCE honnie

Les « indignés » de Francfort campent depuis sept mois au pied d’une BCE honnie
Dernière mise à jour le 11/05/2012 à 6:49

Après un hiver glacial, les quelques dizaines « d’indignés » qui campent depuis sept mois à Francfort, au pied d’une Banque centrale européenne (BCE) honnie, affichent une fierté d’anciens combattants et l’espoir de voir leur mouvement refleurir avec le printemps.

« En Europe, nous sommes le seul camp important installé depuis aussi longtemps », relève Thomas, l’un des porte-parole désignés du groupe Occupy Frankfurt, qui comme beaucoup, ne décline pas son nom de famille.

A Londres, Madrid ou New York de l’autre côté de l’Atlantique, les camps des « Occupy », label mondial qui regroupe des « indignés » bien décidés à défendre leurs idées en occupant des lieux publics, ont déjà été démantelés.

Mais, à Francfort, capitale financière de l’Allemagne et ville de la monnaie unique européenne, ces militants anticapitalistes et leur « Place de la révolution multicolore » se sont incrustés sur les photos souvenir des touristes.

Impossible de rater le village d’une cinquantaine de tentes qui serpente le long d’une promenade plantée et les banderoles accrochées au symbole de la ville, une effigie de l’euro haute de 15 mètres.

Par un bel après-midi de mai, une campeuse vêtue d’une robe ample déambule pieds nus sur le gazon, tandis qu’un groupe de cinq punks discutent, assis sur des canapés.

T-shirt gris, jean et liseuse Kindle à la main, Luke Slater, 21 ans, est l’un des plus jeunes, présent depuis le 1er jour. Le camp « prouve que l’on peut vivre en communauté, travailler tous ensemble », déclare ce Canadien, parti sac au dos découvrir l’Europe, et qui a connu les nuits à -15 degrés de l’hiver francfortois.

« Je suis heureux ici même si ce n’est pas toujours facile de tout garder en ordre », ajoute-t-il. Les tentes sont groupés autour d’un espace cuisine et salon, meublé de fauteuils de récupération, et d’une « tente IT » avec accès à internet.

« C’est comme dans un appartement, tes voisins peuvent te rendre fou », résume-t-il.

Après l’euphorie des débuts, le 15 octobre, où plus de 5.000 militants s’étaient réunis, le soufflé est retombé, et ces fameux voisins ont bien changé.

Les campeurs, au nombre de 100 à 150 avant l’hiver, ont pour la plupart plié bagage. Restent aujourd’hui une vingtaine de militants, ainsi qu’une cinquantaine de personnes sans-abri qui y ont trouvé refuge.

Sur place depuis décembre, un Portugais de 23 ans qui se fait appeler « The Spirit », est là car il « n’avait pas d’appartement ». « Je suis pour plus de paix, plus d’harmonie, et d’unité », explique-t-il, s’excusant de ne pas pouvoir argumenter plus « clairement », contrairement à ses amis militants.

Les campeurs rencontrés se réjouissent des liens tous azimuts qu’ils ont pu tisser, entre militants anti-frontières, anti-capitalistes ou défenseurs de la cause animale.

Le secret de la longévité du camp? « Nous sommes pacifiques et coopérons avec les autorités », se réjouit Thomas Drillich, un informaticien en congé longue maladie, qui passe ses journées sur le camp mais n’y dort pas.

Depuis le retour des beaux jours, les campeurs nettoient les lieux. Une benne a retiré le gros des déchets, un potager « anti-Monsanto » est en cours de plantation.

Les organisateurs ont interdit la consommation d’alcool sur les lieux, l’électricité et l’eau sont payés grâce aux dons, et la municipalité contrôle régulièrement l’état du camp, autorisé jusqu’à la fin mai. Eux n’ont pour l’instant pas l’intention de partir.

La pression est toutefois montée début mai avec l’interdiction de plusieurs manifestations contre les banques et l’austérité, prévues du 16 au 19 mai et soutenues par « Occupy Frankfurt ». Selon la ville, elles menaçaient de « troubler l’ordre public ».

A lire aussi...

Annonces immobilières

Louez, achetez et vendez grâce à la plus large offre immobilière au Maroc.

Retrouvez-nous sur Facebook

Newsletter

Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque matin l'essentiel de l'actualité nationale et mondiale.

Recevez notre newsletter

 Inscrivez-vous à notre newsletter et recevez chaque matin l’essentiel de l’actualité nationale et mondiale.

×