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Proche-Orient : Israël répond à une lettre de doléances des Palestiniens

Proche-Orient: Israël répond à une lettre de doléances des Palestiniens
Dernière mise à jour le 12/05/2012 à 21:18

Israël a remis samedi soir sa réponse à une lettre de doléances du président palestinien Mahmoud Abbas, qui stipule à son tour les demandes israéliennes pour reprendre les négociations de paix bloquées depuis septembre 2010.

La lettre du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été transmise peu après 21H00 locales (18H00 GMT) par son émissaire personnel Yitzhak Molcho à M. Abbas à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, a-t-on appris auprès du bureau de M. Abbas.

Le contenu de la lettre israélienne n’a pas été rendu public dans l’immédiat mais un porte-parole de M. Netanayahu a confirmé dans un communiqué la remise de la missive.

« Israël et l’Autorité palestinienne sont attachés à parvenir à la paix et les deux partis espèrent que cette échange de lettres entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre Netanyahu y contribuera », ont déclaré les deux parties dans un communiqué commun à l’issue de la rencontre entre MM. Molcho et Abbas.

Selon un responsable israélien cité sur le site internet du quotidien Haaretz, la lettre de M. Netanyahu à M. Abbas appelle à une reprise immédiate des négociations « sans pré-conditions », c’est-à-dire sans arrêt préalable de la colonisation comme l’exigent les Palestiniens, mais ne contient pas de nouvelle proposition.

De son côté, l’agence officielle palestinienne Wafa a rapporté que lors de sa rencontre avec M. Molcho, le président Abbas a appelé Israël à mettre fin à l’épreuve des quelque 1.600 prisonniers palestiniens en grève de la faim et à les libérer, spécialement ceux incarcérés avant les accords d’Oslo en 1993.

M. Abbas a réaffirmé que les négociations ne pourraient reprendre sans un arrêt total de la colonisation juive, y compris à Jérusalem-Est annexée, a précisé Wafa.

Le Premier ministre israélien avait promis de répondre « dans les deux semaines » à une lettre de doléances de M.Abbas, reçue le 17 avril, mais il avait été retardé par le décès de son père puis par l’annonce de la formation d’un gouvernement d’union nationale cette semaine en Israël.

Dans sa lettre, le président palestinien exhortait Israël à reprendre les négociations de paix sur la base des lignes d’avant juin 1967, avec des « échanges de territoire mineurs et mutuellement agréés » et un gel total de la colonisation, y compris à Jérusalem-Est annexée.

Il demandait aussi la libération de « tous les prisonniers palestiniens », en particulier ceux incarcérés avant les accords d’Oslo (1993).

Le négociateur palestinien, Saëb Erakat, avait prévenu que, faute de réponse favorable de la part des Israéliens, M. Abbas relancerait ses démarches pour obtenir l’adhésion à l’ONU d’un Etat de Palestine, « à l’Assemblée générale, au Conseil de sécurité et dans les autres instances de l’ONU ».

Le fait que MM. Netanyahu et Abbas ne communiquent plus que par missives interposées marque une étape supplémentaire dans la dégradation progressive des relations entre les deux camps.

Les dernières négociations directes se sont tenues en septembre 2010 avant leur rupture à la suite du refus israélien de prolonger son moratoire sur la colonisation en Cisjordanie.

Elles ont ensuite été remplacées par des discussions indirectes via l’émissaire américain pour le Proche-Orient George Mitchell, qui se sont révélés infructueux.

Enfin, en janvier dernier, cinq « rencontres exploratoires » se sont tenues à Amman sous la houlette du Quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) pour examiner la possibilité d’une relance du processus de paix, mais sans résultat tangible.

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