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Syrie : les attentats meurtriers se multiplient malgré la présence d’observateurs

Syrie: les attentats meurtriers se multiplient malgré la présence d’observateurs
Dernière mise à jour le 12/05/2012 à 20:08

Les attentats meurtriers se sont multipliés en Syrie, bien que près de la moitié des 300 observateurs de la mission de l’ONU soient désormais à pied d’oeuvre pour tenter de faire cesser les violences.

Dans le même temps, répression et combats entre soldats et déserteurs se sont poursuivis faisant 15 morts; cinq civils, neuf militaires et un déserteur ont péri deux jours avant la mise en place d’un 15e train de sanctions européennes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La communauté internationale, qui multiplie les mesures de rétorsion et a déployé 145 observateurs en Syrie, a été jusqu’à présent incapable de mettre fin aux violences qui ont fait, selon l’OSDH, plus de 12.000 morts depuis le début en mars 2011 de la révolte populaire qui s’est ensuite militarisée.

Le régime de Bachar al-Assad, qui ne reconnaît pas la contestation, affirme lutter contre des « bandes terroristes armées » et leur impute les attentats qui frappent le pays depuis décembre 2011.

Ces attaques se sont récemment multipliées, en particulier depuis le cessez-le-feu officiellement en vigueur depuis le 12 avril mais continuellement ignoré, notamment à Damas et à Alep (nord), la deuxième ville du pays.

Plusieurs de ces attentats ont été revendiqués par un groupuscule inconnu avant le début de la révolte, le Front al-Nosra. Samedi, il a dit être responsable du double attentat qui a fait jeudi 55 morts à Damas dans l’explosion d’une charge de plus d’une tonne, selon les médias officiels.

Le Front al-Nosra, dont on ignore les affiliations, a dit avoir mené ces attaques « en réponse au bombardement du régime des quartiers résidentiels ». Ces allégations sont difficilement vérifiables. La voix enregistrée sur la vidéo a été modifiée et aucun membre du groupe n’était visible sur les images.

Vendredi, Damas a affirmé avoir déjoué un attentat suicide à Alep. Le kamikaze, abattu avant de pouvoir « perpétrer son crime terroriste », transportait 1.200 kg d’explosifs, selon la télévision d’Etat.

Le ministre de l’Information, Adnane Mahmoud, a ensuite dénoncé une « escalade terroriste », née de « l’alliance terroriste et sanglante entre les bandes armées et Al-Qaïda avec des Etats de la région et occidentaux qui les arment et les financent ».

L’opposition accuse en revanche le régime de mener ces attaques pour saboter le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan. Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, estime même que les autorités mettent en scène les attentats avec des cadavres de prisonniers.

Les funérailles des victimes de l’attentat de Damas ont eu lieu samedi. La prière, retransmise en direct à la télévision, était dirigée par le mufti de Syrie, en présence de plusieurs membres du gouvernement. Des centaines de participants ont brandi des portraits de M. Assad et des drapeaux syriens.

Sur le terrain, sont désormais sur le terrain près de la moitié des 300 observateurs qui doivent être déployés pour surveiller l’application d’une trêve pourtant quotidiennement violée.

Quatre civils ont été abattus par l’armée dans les régions de Hama (centre), d’Idleb (nord-ouest) et de Deir Ezzor (est), selon l’OSDH, et un enfant de 10 ans est mort dans l’explosion d’une bombe à Hama.

Des combats entre forces régulières et déserteurs ont eu lieu dans les régions de Homs (centre), de Deraa (sud), où un déserteur est mort, et d’Idleb, où quatre soldats ont été tués, selon l’OSDH. Cinq autres membres des forces de sécurité ont péri ailleurs dans le pays.

Selon l’OSDH, plus de 900 personnes ont péri depuis le début de la trêve, et des dizaines de milliers de personnes ont été arrêtées dans le cadre de la répression.

Seule note positive, la libération de deux journalistes turcs retenus depuis deux mois, grâce à une médiation de Téhéran, grand allié du régime Assad.

Ankara a annoncé la libération du caméraman freelance Hamit Coskun et du journaliste Adem Özköse, du journal à tendance islamiste Milat, vus pour la dernière fois le 9 mars près du bastion rebelle d’Idleb, proche de la frontière turque. Ankara avait accusé Damas de les retenir prisonniers.

Et huit militants, dont la blogueuse Razan Ghazzawi, l’un des symboles de la contestation, ont été libérés jusqu’à leur procès fin mai pour « possession de publications interdites », selon un militant

Enfin, le CNS a annoncé qu’il se réunirait la semaine prochaine au Caire pour reconduire Burhan Ghalioun à sa tête ou se doter d’une nouvelle présidence.

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