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Résultat des législatives du 10 mai : Quelle valeur pour le scrutin en Algérie ?

Résultat des législatives du 10 mai : Quelle valeur pour le scrutin en Algérie ?
Dernière mise à jour le 13/05/2012 à 11:02

Victoire du parti présidentiel, revers pour les islamistes: le FLN reste la première force politique en Algérie et obtient, avec le parti du Premier ministre, la majorité des sièges à l’issue des élections législatives qui se sont tenues le jeudi 10 mai en Algérie. Les partis islamistes qui se voyaient dans un rôle central à la sortie des urnes, vont devoir se contenter de jouer les figurants.

En effet, selon des résultats officiels encore provisoires, le Front de Libération Nationale (FLN, parti présidentiel) a gagné le scrutin avec 220 sièges, tandis que son allié, le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, a décroché la seconde place avec 68 sièges. Ces deux partis, membres d’une Alliance présidentielle depuis 2004, remportent donc la majorité absolue de la nouvelle assemblée de 462 sièges.

Revers des islamistes

Forts du changement dans les pays voisins, les islamistes du Mouvement pour la société (MSP), qui avait quitté en janvier l’Alliance présidentielle pour fonder une “Algérie Verte” avec deux partis islamistes, n’ont pas gagné au change. Ces derniers, ainsi que trois des quatre autres formations islamistes en lice, totalisent seulement 59 sièges, exactement le même nombre que dans l’assemblée sortante.

L’AVV a dénoncé des “résultats illogiques et inacceptables”, que de son côté, le ministre algérien de l’Intérieur, a qualifiés de “vote refuge”, en référence à la victoire du Front Islamique du Salut de 1991 annulée par l’armée, et qui avait débouché sur des années de violences et 200.000 morts.

145

Il faut souligner qu’à la faveur d’une loi votée en novembre 2011 sur leur représentativité au parlement, la nouvelle assemblée comptera 145 femmes contre 30 dans la précédente.

Légitimation du système en place

Marquée par un faible taux de participation (42,36%), les analystes s’accordent à constater que “cette nouvelle consultation électorale a rempli sa mission principale de légitimation du système en place”. Mais, estime le maître de conférences à Sciences-po Paris et chercheur à l’Iris, Kader A. Abderrahim dans les colonnes du quotidien algérien El Watan:

“Si la contagion du Printemps arabe a épargné le pays grâce au pétrole qui a permis d’acheter la paix sociale, elle ne constitue pas un projet politique, un dessein ou une ambition et ce calcul repousse les problèmes aux calendes grecques. ”

Kader A. Abderrahim.

“Quoi qu’il en soit, près de 60% d’abstention ce n’est pas anecdotique, c’est un message politique et il faudrait que les dirigeants algériens entendent et analysent ce message. Dans la capitale, 70% d’abstention c’est carrément un boycott, un rejet total du régime et de ses pratiques”, commente encore cet analyste.

Si, selon le chef de la mission des quelque 150 observateurs de l’Union européenne, les conditions du vote ont été “généralement satisfaisantes sauf de petits incidents très limités”, les perdants eux crient à la fraude.

Fraude ou pas fraude ?

En dépit des garanties que le pouvoir avait données pour un vote transparent et démocratique, la Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNSEL) évoquait, hier, la “colère générale en raison de graves dépassements et des conditions défavorables enregistrées partout”. Son rapport final est attendu dans quelques jours.

Également, hier dimanche, le président fondateur du parti radical islamiste Front de la Justice et du Développement (FJD), Abdallah Djaballah, a dénoncé un scrutin qui a laminé les islamistes, et menace le pays d’une révolution.

“Nous ne reconnaissons pas ces résultats. Ils ont fermé la porte du changement par les urnes et il ne reste à ceux qui croient au changement que le choix tunisien.”

A. Djaballah au téléphone pour l’agence France Presse.

Pour sa part, le politologue algérien Ahmed Adhimi, juge la situation post-législatives “très dangereuse”, la comparant à celle de l’Égypte en 2010, ou le parti de Hosni Moubarak avait été renforcé lors des législatives, avant de connaître le sort que l’on sait.

Concernant la question de la fraude, M. Adhimi analyse les deux possibilités dans les colonnes du quotidien El Watan: un, en cas d’absence de fraude, le politologue souligne la persistance du malaise des jeunes, et le fait que le FLN va devoir confronter “une situation très difficile, à savoir le mécontentement du peuple”. Deux, en cas de fraude, M. Adhimi constate simplement que “les fraudeurs n’ont pas mesuré la gravité des choses, et poussent les Algériens à réagir de manière violente.”

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