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Nucléaire : l’Iran affirme être prêt à des « pas en avant » à Bagdad, selon Michel Rocard

Nucléaire: l’Iran affirme être prêt à des « pas en avant » à Bagdad, selon Michel Rocard
Dernière mise à jour le 14/05/2012 à 8:11

Les dirigeants iraniens affirment être prêts à « remettre les compteurs à zéro » et à « faire des pas en avant » pour parvenir à une solution négociée de la question nucléaire, a déclaré lundi à l’AFP l’ancien Premier ministre français Michel Rocard après de entretiens à Téhéran.

M. Rocard, en visite « privée » en Iran, a été reçu durant le week-end par le ministre irakien des Affaires étrangères, Ali Akbar Salehi, et le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, Saïd Jalili, principal négociateur iranien sur la question nucléaire.

« M. Salehi m’a assuré que l’Iran était prêt à faire des +pas en avant+ » lors de négociations prévues le 23 mai à Bagdad avec les grandes puissances pour tenter de résoudre la crise autour du programme nucléaire iranien controversé, a déclaré M. Rocard.

Et l’influent président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, Alaeddine Boroujerdi, lui a dit que l’Iran était disposé à « remettre les compteurs à zéro » à Bagdad afin de ne pas laisser les discussions s’enliser dans les accusations échangées depuis des années, a ajouté M. Rocard.

« Je n’ai eu aucun engagement concret mais j’ai le sentiment que les Iraniens veulent faire passer un message de bonne volonté avant Bagdad », a précisé l’ancien Premier ministre français.

Il a indiqué avoir de son côté insisté sur la nécessité pour Téhéran de « répondre concrètement et dans les détails » aux questions posées par la communauté internationale sur son programme nucléaire, et notamment à celles de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui rouvre lundi à Vienne des discussions avec l’Iran cruciales avant la rencontre de Bagdad.

M. Rocard a ajouté avoir souligné à ses interlocuteurs que Paris ne changerait pas « sa position de fermeté » sur le dossier nucléaire iranien après l’élection du socialiste François Hollande à la présidence de la République le 6 mai.

Téhéran a espéré que la victoire de M. Hollande ouvrirait une « nouvelle ère » dans les relations franco-iraniennes et assouplirait l’approche française de la question nucléaire, et a déroulé le tapis rouge pour recevoir M. Rocard présenté par les médias comme un émissaire du nouveau président français.

L’ancien premier ministre socialiste a cependant réaffirmé n’avoir reçu aucun mandat de François Hollande pour cette visite.

« C’est une visite privée, à l’invitation des Iraniens, pour donner une conférence sur les relations internationales. Je l’ai acceptée, dans un esprit d’ouverture », a-t-il expliqué.

M. Rocard a précisé avoir informé fin mars de son projet François Hollande, qui lui a donné « des conseils de prudence », mais aussi le ministre des Affaires étrangères du gouvernement sortant, Alain Juppé, qui lui a fait parvenir en retour « une lettre rappelant les positions de la France » sur la question nucléaire et les relations bilatérales.

Dans ce contexte, il s’est « étonné » des remous provoqués en France par sa visite, sur laquelle la droite fraîchement battue a demandé des « explications » au nouveau président élu.

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