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Marchés de gros des fruits et légumes : Un marché en chambardement en attente de sauvetage

Marchés de gros des fruits et légumes : Un marché en chambardement en attente de sauvetage
Dernière mise à jour le 14/05/2012 à 9:30

Manque d’organisation, absence de normalisation et prédominance d’intermédiaires, tels sont les principales caractéristiques des marchés de gros au Maroc.

Cette situation, aggravée par la vétusté des équipements et des infrastructures, l’absence des services à valeur ajoutée et d’un système de taxation adapté et transparent, induit en plus de l’apparition des marchés informels l’émergence d’intermédiaires non agréés qui ne font que spéculer et donc renchérir les prix à la consommation.

Intermédiaires légaux: un statut flou à revoir

Les intermédiaires légaux, à travers leur intervention, plombent la libéralisation des produits agricoles, déterminent le prix à payer par le consommateur et font office de collecteurs de taxe qui est de 7,24% du prix de la marchandise, dont 6% destiné aux collectivités locales de la ville où se trouve le marché. Mais le reste, soit 1,24%, est à déterminer.

Les intermédiaires agréés ne sont autorisés par la loi à prélever à leur profit que 1% de la valeur globale de la marchandise, alors que les 0,24% qui restent ne sont que leur TVA, qu’ils font payer, de manière illégale, aussi bien aux producteurs qu’autres commerçants de ces marchés.

Une taxe controversée

Un autre problème se pose, il s’agit de la procédure de fixation de ladite taxe qui ne fait plus l’unanimité. C’est en effet une commission de valeur, composée de représentants de la direction du marché de gros, de la direction des Impôts et des commerçants du marché de gros qui fixe, deux fois par semaine, la valeur supposée de chaque fruit et légume, en fonction de sa disponibilité et de sa qualité.

“Selon cette procédure, un kilo de tomate dont le prix de vente à la base, début février par exemple, se situait aux environs de 3 Dh/kg, peut être considéré par ladite commission, d’une valeur de 3,80 Dh. Vous imaginez un producteur qui paye une taxe sur une valeur supérieure à son prix de vente ! Pourtant, c’est ce qui arrive régulièrement.”

Grossiste.

Le deuxième type d’intermédiaire, à savoir les illégaux, qui ne fréquentent point les marchés de gros, constitue un lobby qui exploite la filière au niveau de chaque ville.

Le consommateur reste la principale victime

Par ailleurs, le consommateur, en aval du processus de commercialisation des fruits et légumes, en les achetant d’une grande surface ou d’un marchand fixe ou ambulant, subit le cumul des bénéficies des intermédiaires, du revendeur et des transporteurs sans parler du problème des balances non étalonnées.

“Les consommateurs finaux et producteurs agricoles pointent du doigt les excès qui se cachent derrière un circuit de distribution archaïque qui ne répond plus aux attentes de la société marocaine qui se mobilise contre l’économie de rente.”

Bouazza Kherrat, directeur de l’Association marocaine de protection et d’orientation du consommateur.

l’État envisage des réformes… enfin!

Dans le but de moderniser et de restructurer, entre autres, les marchés de gros de fruits et légumes, le ministère du Commerce, de l’Industrie et des Nouvelles technologies en partenariat avec le ministère de l’Agriculture et de la Pêche maritime ont décidé de lancer une étude destinée à la création d’un Schéma national d’orientation de ces marchés à l’horizon 2020 dans le but de mener une réforme globale des circuits de distribution de fruits et légumes sur l’ensemble du territoire.

Cette réforme vise la professionnalisation des intervenants et l’implication du secteur privé dans la gestion et le développement des bourses de produits pour certains secteurs afin d’assurer une meilleure fixation des prix.

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