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Abbas prend acte du blocage de la réconciliation palestinienne et forme un gouvernement

Abbas prend acte du blocage de la réconciliation palestinienne et forme un gouvernement
Dernière mise à jour le 16/05/2012 à 22:29

Un nouveau gouvernement de l’Autorité palestinienne dirigé par le Premier ministre Salam Fayyad a été investi mercredi en Cisjordanie, entérinant l’enlisement de la réconciliation avec le Hamas, qui gouverne la bande de Gaza.

Les 25 membres du gouvernement, M. Fayyad en tête, ont prêté serment devant le président palestinien Mahmoud Abbas au siège de la présidence à Ramallah.

Onze nouveaux ministres y font leur entrée, dont ceux de l’Economie nationale, des Finances, des Affaires de Jérusalem et de la Justice, deux autres changeant de portefeuille.

M. Abbas tire ainsi les conséquences du blocage de l’application de l’accord de réconciliation entre son mouvement, le Fatah, qui gouverne les zones autonomes de Cisjordanie, et le Hamas islamiste. L’accord prévoyait la formation d’un gouvernement transitoire composé d’indépendants.

« Si nous avions un accord avec le Hamas aujourd’hui ou demain, ce (nouveau) gouvernement n’aurait pas de raison d’être », a déclaré M. Abbas avant la formation officielle du nouveau gouvernement.

« Mais je ne peux attendre indéfiniment. Certains ministres ont démissionné du gouvernement actuel et la situation administrative l’a paralysé, ce qui m’oblige à annoncer ce (nouveau) cabinet », a-t-il expliqué.

Le Hamas, vainqueur des dernières élections palestiniennes, les législatives de 2006, et qui considère le gouvernement Fayyad comme illégitime, a dénoncé cette décision.

« Cela renforce la division et enracine l’illégitimité dans les institutions palestiniennes. Ce gouvernement est fondé sur la corruption, n’est pas le choix du peuple palestinien et n’a pas la confiance du Conseil législatif » (Parlement), a déclaré à l’AFP un porte-parole du Hamas à Gaza, Fawzi Barhoum.

M. Abbas avait chargé en février 2011 M. Fayyad de former un gouvernement pour organiser dans l’année des élections présidentielle et législatives, mais le projet avait été abandonné en raison de l’accord de réconciliation avec le Hamas le 27 avril 2011.

Le président palestinien a également modifié mercredi la loi électorale prévoyant que les scrutins se tiennent simultanément en Cisjordanie et à Gaza, ouvrant la voie à des élections municipales dans la seule Cisjordanie dans un premier temps.

« Le président Abbas a amendé la loi électorale et autorisé le gouvernement à convoquer des élections par étapes », a déclaré à l’AFP le ministre des Collectivités locales Khaled al-Qawasmeh, maintenu à son poste.

« Les élections locales seront une des priorités du gouvernement », a-t-il ajouté.

Un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, a également critiqué cette initiative, la jugeant contradictoire avec l’accord de réconciliation.

« Les élections doivent être précédées par un gouvernement d’entente nationale, que nous avons convenu de former », a-t-il déclaré à l’AFP.

L’accord de réconciliation Fatah-Hamas, ratifié le 3 mai 2011 par l’ensemble des mouvements palestiniens, prévoit la formation d’un exécutif transitoire chargé d’organiser des élections générales, mais la plupart des clauses en sont restées lettre morte et les échéances constamment repoussées.

Afin de surmonter leurs divergences sur le Premier ministre de ce gouvernement transitoire, M. Abbas et le chef du Hamas, Khaled Mechaal, ont décidé le 6 février à Doha que le président palestinien assumerait cette fonctions, mais cette décision, contestée au sein du Hamas, est elle aussi restée inappliquée.

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