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Mali : « consultations » du médiateur Compaoré avec les groupes armés du nord

Mali: « consultations » du médiateur Compaoré avec les groupes armés du nord
Dernière mise à jour le 17/05/2012 à 19:31

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur pour l’Afrique de l’Ouest, a « entrepris des consultations » avec les groupes armés touareg et islamistes qui occupent le nord du Mali, a annoncé jeudi son ministre des Affaires étrangères.

M. Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), « a entrepris des consultations avec les différents groupes armés en vue d’élaborer un agenda de sortie de crise au nord du Mali », a déclaré Djibrill Bassolé lors d’une conférence de presse à Ouagadougou.

« Il s’agira de parvenir dans les meilleurs délais à un accord entre le gouvernement (malien) de transition et les mouvements armés qui préserve l’intégrité du territoire national malien, la sécurité et les droits humains », a-t-il expliqué.

Pour arriver à cet « agenda de sortie de crise devant aboutir à l’établissement d’une paix globale et définitive », « le mieux est que tous les mouvements armés se retrouvent avec une plateforme revendicative minimale » commune, a avancé le ministre burkinabè.

Selon lui, « les consultations se déroulent avec une extrême prudence à cause des fortes rivalités qui opposent les différents groupes armés, en l’occurrence le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg) et Ansar Dine » (Défenseur de l’islam, en arabe), groupe islamiste appuyé par les jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

« Les contacts ont été établis avec le MNLA, Ansar Dine et le Mujao » (Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest), qui se présente comme une dissidence d’Aqmi, « en attendant l’ouverture de véritables négociations », a indiqué à l’AFP une source proche de la présidence burkinabè.

Selon une source proche du dossier, un émissaire de M. Compaoré a été dépêché récemment dans la région pour nouer les premiers contacts.

Après l’offensive lancée par le MNLA mi-janvier, le nord du Mali est tombé entièrement aux mains de ces rebelles touareg et surtout de mouvements islamistes armés ainsi que de divers groupes criminels à la suite du putsch du 22 mars à Bamako.

Le MNLA a proclamé unilatéralement l’indépendance de l' »Azawad », la région nord, déclaration rejetée partout à l’étranger, mais il est supplanté sur le terrain par Ansar Dine, qui prône l’application de la charia (loi islamique) dans tout le Mali, et les éléments d’Aqmi.

Djibrill Bassolé a également indiqué que les discussions allaient reprendre « ce week-end » avec l’ex-junte de Bamako, en plein blocage sur la question de la transition.

En vertu de l’accord-cadre conclu avec la Cédéao le 6 avril, les putschistes ont officiellement remis le pouvoir au président intérimaire Dioncounda Traoré, mais ils restent omniprésents.

Alors que le délai constitutionnel de 40 jours d’intérim expire le 22 mai, la Cédéao a fixé à douze mois la durée de la transition devant être conduite par M. Traoré. Les ex-putschistes refusent ce calendrier et ont proposé une « convention nationale » pour désigner un président de transition, idée rejetée par le chef de l’Etat intérimaire comme par la Cédéao.

Sur la base de la Constitution malienne, le délai de 40 jours – théoriquement prévu pour l’organisation d’une élection présidentielle, mais actuellement intenable -, « ne saurait être considéré comme la durée limite du mandat » du président par intérim, a réaffirmé le ministre burkinabè.

La médiation « a recommandé au gouvernement du Mali de saisir la Cour constitutionnelle » de cette question et « invite » l’ex-junte à « concilier sa position » avec celle de la Cédéao, a-t-il ajouté.

« On ne doit pas casser la baraque au bout de 40 jours », a-t-il insisté.

La Cédéao a réitéré jeudi des menaces de sanctions ciblées en raison des agissements de l’ancienne junte, accusée de « perturber » la transition.

Un nouveau sommet de ministres de l’organisation ouest-africaine, consacré au Mali et à la crise en Guinée-Bissau, est prévu samedi à Abidjan.

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