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Québec : le gouvernement compte sur une « pause » pour mettre fin au conflit étudiant

Québec: le gouvernement compte sur une « pause » pour mettre fin au conflit étudiant
Dernière mise à jour le 17/05/2012 à 19:19

Le gouvernement québécois du libéral Jean Charest (centre droit), qui compte sur une loi spéciale pour forcer au moins une « pause » dans le conflit étudiant, a subi jeudi au parlement un violent tir de barrage de l’opposition pour son refus de reprendre les négociations.

« Je veux que le Premier ministre rencontre les étudiants aujourd’hui », a tonné la dirigeante du Parti Québécois et chef de l’opposition officielle Pauline Marois, bruyamment applaudie par ses partisans.

« Il faut dialoguer, sans passer par une loi spéciale-matraque », a-t-elle poursuivi avec émotion.

Mais le retour à la négociation ne semble pas envisageable pour M. Charest qui affirme avoir perçu un durcissement de la position des étudiants, ce que ces derniers contestent vivement. Ils disent souhaiter la poursuite des contacts.

Le contenu exact de son projet de loi n’est pas connu. Selon l’usage parlementaire, le gouvernement ne publie pas ce genre de texte avant qu’il ne soit déposé à l’assemblée nationale. Il ne l’a pas été jeudi matin, contrairement aux attentes, et pourrait l’être seulement dans la soirée.

Toutefois ses deux grandes orientations sont claires. Celle sur laquelle M. Charest a le plus insisté consiste à imposer une pause de facto dans le conflit pour l’apaiser: le semestre universitaire en cours doit être suspendu, dans les collèges universitaires et les facultés en grève, jusqu’au mois d’août, puis les cours doivent reprendre à l’automne pour rattraper le temps perdu. Elle est assortie d’une assurance importante pour les étudiants: ils ne perdront pas leur semestre, comme le craignaient certains d’entre eux.

L’autre, laissée dans le vague, prévoit que les étudiants non-grévistes doivent pouvoir assister aux cours sans que des piquets de grève les en empêchent. M. Charest n’a pas précisé par quels moyens le gouvernement compte y parvenir, mais, selon des fuites, les personnes et organisations qui tenteraient de bloquer les entrées des établissements risqueraient de lourdes amendes.

A cet égard, M. Charest a relevé une contradiction apparaissant selon lui chez ses adversaires qui s’opposent à cette disposition tout en affirmant vouloir défendre une meilleure accessibilité aux études sur le plan financier.

Sans se départir de son calme dans un débat houleux, M. Charest a expliqué que les modifications du financement de l’enseignement supérieur débouchant sur la hausse des frais de scolarité, au centre du conflit, avaient été étudiées depuis des années. « Le gouvernement assume ses responsabilités, c’est ce qu’attendent les citoyens » a-t-il martelé devant la presse.

Mme Marois n’est pas entrée dans ce débat. Elle a reproché à M. Charest de « n’avoir jamais accepté de s’assesoir avec les étudiants ».

« Pourquoi s’acharne-t-il contre les jeunes du Québec ? », a-t-elle demandé.

Selon le gouvernement, 30% seulement des étudiants boycottent les cours, la grève paralysant 14 collèges universitaires sur 48 et « certaines facultés » de 11 universités sur 18 au total.

La dernière offre du gouvernement – massivement rejetée par les étudiants grévistes – prévoit une augmentation de 82% des droits de scolarité à l’université de 1.780 dollars sur sept ans, au lieu de cinq ans initialement, pour arriver à près de 4.000 dollars par an, plus près de la moyenne nord-américaine.

M. Charest souligne qu’en contrepartie, les prêts et bourses augmenteront également, ce qui devrait annuler la hausse pour environ un étudiant sur deux.

Les autres protagonistes du conflit sont loin d’être optimistes.

« Je crains que la loi spéciale n’amène une spirale de tension », a mis en garde Léo Bureau-Blouin, l’un des dirigeants étudiants.

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