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Roman Polanski, récit d’une vie « de tragédies et de triomphes » hors compétition à Cannes

Roman Polanski, récit d’une vie « de tragédies et de triomphes » hors compétition à Cannes
Dernière mise à jour le 17/05/2012 à 15:41

Pas une enquête mais le récit dense, terrible, joyeux parfois, d’un parcours tumultueux : « Roman Polanski – A film memoir », présenté à Cannes hors compétition, revient sur la vie du cinéaste franco-polonais de 78 ans, une vie « de tragédies et de triomphes ».

Construit autour d’un entretien avec le cinéaste, mené par le producteur Andrew Braunsberg, ami de près de 50 ans, entrecoupé d’archives et d’extraits de films, ce documentaire de Laurent Bouzereau offre une vision attachante de ce personnage complexe auteur d’une quarantaine de longs métrages.

Elément central qui ajoute à l’intensité dramatique du récit: l’entretien a été réalisé en 2009 dans son chalet de Gstaad (Suisse). Il y était assigné à résidence après son arrestation sur la foi d’un mandat d’arrêt international lancé par les Etats-Unis dans une affaire de moeurs avec une mineure remontant à 1977.

Polanski a l’oeil vif et attentif, la mémoire étourdissante, lorsqu’il raconte les premiers souvenirs qui l’ont marqué: la vue des avions alliés survolant la Pologne, allongé dans une clairière au milieu de la forêt, ou bien la comédie musicale de piètre qualité « Gasparone ».

Les traces indélébiles d’une enfance dans le ghetto de Cracovie. Le fait historique est connu, le récit qu’en fait Polanski, 70 ans plus tard, direct, précis, les larmes aux yeux parfois, donne la chair de poule. « Ils sont venus chercher ma soeur, elle n’était pas là, ils ont pris ma mère. (…) Plus tard, j’ai appris qu’elle était enceinte ».

L’incompréhension de l’enfant, « Juifs ? je ne saisissais pas… », la première blessure lorsqu’un copain, « première amitié dans ma vie », est emmené lors d’une rafle.

Viennent ensuite l’appétit pour le cinéma, le premier film (« Le couteau dans l’eau » en 1962), le succès, avec « Répulsion » où Catherine Deneuve incarne une meurtrière démente, qui lui ouvre les portes d’Hollywood.

Au fil du récit, l’enchaînement, vertigineux, d’immenses bonheurs et de douleurs insondables, exprimés, à chaque fois, avec acuité, netteté.

« Le moment le plus merveilleux » lors des retrouvailles avec son père après le ghetto, « la période fabuleuse » durant laquelle il décroche son premier rôle dans un vrai film, « les années idylliques » en Californie dans une gigantesque maison où il vit avec la sublime Sharon Tate.

Mais aussi « la plus grande tragédie » lorsque cette dernière, enceinte de huit mois, est sauvagement assassinée alors que Polanski se trouve à Londres.

Images terribles de Polanski, en conférence de presse, en pleurs, le visage tordu de douleur, qui met en garde les journalistes qui colportent des rumeurs sur son sort: « Les faits vous feront honte… ».

Fil rouge d’une vie en pleine lumière, une relation compliquée avec les médias : « Ils veulent un scoop, la première photo surtout ».

S’il ne devait conserver qu’un seul film ? « Le pianiste », très largement nourri de son enfance dans le ghetto de Cracovie, qui lui a valu une Palme d’or à Cannes, en 2002, et l’Oscar du meilleur réalisateur.

Dix ans plus tard, Polanski est de nouveau sur la Croisette. A travers ce documentaire mais aussi la projection d’une version restaurée de « Tess » (avec Nastassja Kinski), l’un de ses autres grands succès, il y a près de 35 ans.

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