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Edito : Balance des paiements

Edito : Balance des paiements: Un tsunami économique qui défie aussi l’opposition et les indignés
Dernière mise à jour le 24/05/2012 à 18:05

Le Roi était hier chez François Hollande. Face à la crise économique qui s’est installée à l’échelle mondiale, le président français demande la mise en place d’instruments de financements (Eurobonds et projectsbond), afin de permettre aux pays européens de lever des crédits à des taux d’intérêts très bas. L’union du Maghreb arabe, si elle existait, aurait peut-être pu jouer le même rôle pour les pays de cette région. Malheureusement l’UMA n’existe pas.

Mais ne désespérons pas. Soit le Roi aura déjà passé le message, soit notre ministre des Finances ne devrait pas tarder à rappeler à l’Union européenne  que nous sommes engagés avec eux dans un partenariat de “statut avancé”  et qu’à ce titre, ils devraient penser un peu à nous, et nous réserver une petite partie de ces Eurobonds, aux mêmes conditions que les pays européens.

Chaque fois qu’on investit à grande échelle au Maroc, c’est souvent  un partenariat direct ou indirect avec un pays européen, notamment la France ou l’Espagne, sans oublier que nous sommes d’excellents consommateurs de leurs produits. Ce serait donc légitime qu’ils pensent aussi à nous…

Mais ne rêvons pas trop: en quatre mois, nos réserves extérieures ont baissé de 10,2 milliards de dirhams pour atteindre le montant de 158,4 milliards. Plus que cela, la partie de nos engagements courants en devises non couverts par des recettes courantes, se situera probablement au-delà de 80 milliards, voire 100 milliards de dirhams sur 2012, contre 64 milliards en 2011, et seulement 34 milliards en 2010. Sans un changement radical de notre modèle économique,  le gouvernement n’aura pas d’autres choix que d’augmenter de plus en plus dans les prochaines années, le montant annuel des emprunts en devises.

Nous attendons donc bien plus que des critiques générales de la part de l’opposition. Sa contribution positive devrait être basée sur des propositions concrètes de mesures objectives à mettre en place, en indiquant comment les financer. Il est facile aujourd’hui de dire que le PJD et sa coalition ne font preuve d’aucune imagination ou bien qu’ils n’en font pas assez. Encore faut-il démontrer qu’il y a une autre façon de réagir.

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