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50e rapport annuel d’Amnesty International : Pas d’amélioration côté droits humains

50e rapport annuel d’Amnesty International : Pas d’amélioration côté droits humains
Dernière mise à jour le 24/05/2012 à 12:19

Dans son rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde, le cinquantième rapport annuel d’Amnesty International, revient sur une année de mobilisation citoyenne sans précédent dans de nombreux pays où des millions de personnes sont descendues dans la rue pour réclamer liberté, justice et dignité.

Le rapport recense des restrictions spécifiques à la liberté d’expression dans 91 pays et des cas de torture ou d’autres mauvais traitements –infligés bien souvent à des personnes en raison de leur participation à des manifestations– dans 101 pays.

Chine, Corée du Nord, Soudan, Turkménistan, Israël… Les expressions de la tyrannie ou de l’injustice sont également passées en revue dans un panorama où protéger les plus faibles et modérer les actions des plus puissants, ne semblent pas être les priorités dans une majorité des États dans le monde.

Défaillance du pouvoir politique: un phénomène mondial

L’ONG ne manque pas de faire apparaître une incapacité – ou une absence de volonté – endémique des dirigeants, au niveau aussi bien national qu’international, de protéger les droits humains.

“La défaillance du pouvoir politique est un phénomène désormais mondial. D’un pays à l’autre, on a vu l’an dernier des responsables politiques répondre aux manifestations par la brutalité ou par l’indifférence.”

Salil Shetty, le secrétaire général de l’organisation.

Par ailleurs pour Amnesty, le soutien enthousiaste aux mouvements de protestation exprimé haut et fort par de nombreuses puissances mondiales et régionales au début de 2011, ne s’est pas traduit en actes. Et à l’heure où les Égyptiens se rendent aux urnes pour élire un nouveau président, l’impression de plus en plus dominante, est qu’on laisse passer successivement toutes les occasions de changement ouvertes par les contestataires.

Le rapport s’attarde bien évidemment sur la situation en Syrie mais aussi l’Ouganda, la Chine, le Bahreïn ou la Bolivie, pays où les gouvernements ont répondu par une répression quasi systématique aux mouvements de protestation.

Alliances opportunistes au détriment des droits humains

“Avec les manœuvres des puissances mondiales cherchant à peser au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, on a vu bien trop souvent au cours de l’année écoulée les alliances opportunistes et les intérêts financiers s’exercer au détriment des droits humains, juge Salil Shetty: “On sort le discours sur les droits humains lorsqu’il sert les visées des responsables politiques ou économiques, et l’on s’empresse de le ranger au placard lorsqu’il devient gênant ou qu’il fait obstacle au profit.”

Amnesty juge qu’à Bahreïn et au Yémen, où “les manifestants avaient également un besoin urgent de protection contre la politique meurtrière de leurs dirigeants”, la communauté internationale a aussi été “nettement moins disposée à leur apporter son soutien”.

L’ONG rappelle également la poursuite des violations des droits des communautés indigènes dans les Amériques, dans un contexte marqué par l’avidité toujours plus grande vis-à-vis de l’exploitation des ressources.

Le Conseil de sécurité de l’ONU “de plus en plus inadapté”

Pour AI, le Conseil de sécurité de l’ONU, censé être le gardien de la paix mondiale, apparaît bien inefficace dans cette mission.

Incapable de se montrer à la hauteur du “courage” des contestataires dans des pays comme la Syrie, le Conseil de sécurité s’avère “de plus en plus inadapté aux besoins”, dénonce Amnesty International.

Amnesty fustige en particulier l’incapacité de l’ONU à mettre fin aux violences en Syrie, dénonçant “une trahison du peuple syrien”. L’ONG pointe du doigt la Russie, fournisseur d’armes à la Syrie, et la Chine, les deux membres permanents du Conseil qui ont bloqué deux résolutions condamnant la répression menée par le régime de Bachar al-Assad.

“Il apparaît clairement et de manière impérieuse que la situation en Syrie doit être déférée à la Cour pénale internationale afin qu’elle ouvre une enquête pour crimes contre l’humanité. La détermination de certains membres du Conseil de sécurité à protéger la Syrie à tout prix permet à celle-ci de ne pas rendre de comptes pour ces crimes. C’est une trahison du peuple syrien.”

Salil Shetty.

L’ONG exhorte à nouveau l’ONU à adopter “un traité fort” sur le commerce des armes au cours d’une conférence en juillet à New York, y voyant une “épreuve de vérité pour les responsables politiques”.

AI fustige “l’impunité” de Georges W. Bush

Dans son rapport annuel 2012, l’organisation pour la protection des Droits de l’Homme regrette “l’impunité” dont bénéficient les dirigeants de l’ancienne administration républicaine aux États-Unis.

L’ONG déplore que: “personne n’a été reconnu responsable pour les violations des droits de l’Homme commises sous l’administration Bush” dans le cadre du programme de la CIA de détention secrète.

L’organisation dénonce également le processus judiciaire réservé aux détenus de Guantanamo, ainsi que “l’usage excessif de la force” sur le territoire des États-Unis, mais aussi au Yémen ou au Pakistan, dans la lutte antiterroriste américaine.

Amnesty International a également regretté dans son rapport, “l’absence de clarification”des États-Unis sur la mort de Ben Laden.

Bush jugé par contumace en Malaisie

Dans ce qui est la première condamnation de ce type dans l’histoire, l’ex-président Bush et sept membres de son administration ont été condamnés vendredi dernier pour crimes de guerre par un tribunal de Kuala Lumpur. Le dossier qui comprend des témoignages de victimes de tortures subies aux mains des troupes américaines, sera transmis à la Cour Internationale de Justice, ainsi qu’aux Nations Unies et au Conseil de sécurité. Ce tribunal est né de l’initiative de l’ex-premier ministre malais, Mahathir Mohamad, qui s’est toujours opposé à l’invasion de l’Irak par les États-Unis.

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