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Syrie : le régime accusé par l’ONU, le chef démissionnaire du CNS dénonce sa lenteur

Syrie: le régime accusé par l’ONU, le chef démissionnaire du CNS dénonce sa lenteur
Dernière mise à jour le 24/05/2012 à 20:47

Burhan Ghalioun, chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), a estimé jeudi que la principale coalition de l’opposition n’avait pas été « à la hauteur », expliquant avoir quitté ses fonctions notamment à cause de « divisions » entre islamistes et laïques.

« On n’a pas réussi à être à la hauteur des sacrifices du peuple syrien. C’est sûr, on n’a pas répondu assez rapidement et assez aux besoins de la révolution », a déclaré à l’AFP M. Ghalioun.

Universitaire basé en France, tenant d’une gauche nationaliste arabe, il avait émergé comme la personnalité capable de rassembler au sein d’un conseil composé du multiples tendances (islamistes, nationalistes, libéraux, indépendants) et avait été adoubé par les Frères musulmans.

A la tête du CNS depuis sa création en octobre, il était critiqué pour avoir laissé les Frères musulmans prendre une trop grande place au sein du Conseil et pour son manque de coordination avec les militants sur le terrain.

« J’ai présenté ma démission justement pour dire que cette voie de la division entre islamistes et laïques ne marche pas et je pense que c’est le régime syrien qui a gagné puisqu’il a dès le début essayé de jouer cette division », a-t-il dit.

Dans le même temps, le président Bachar al-Assad, qui assimile la contestation à du « terrorisme », a d’ailleurs assuré que la Syrie pouvait sortir de la crise « par la résistance de son peuple et son attachement à l’unité et à l’indépendance », selon l’agence officielle Sana.

Son régime s’obstine à étouffer la contestation populaire lancée en mars 2011 et qui s’est militarisée au fil du temps, commettant, selon des enquêteurs de l’ONU, « la plupart » des abus dans ce conflit qui dure depuis plus de 14 mois.

Dans un nouveau rapport publié à Genève, les enquêteurs mandatés par le Conseil des droits de l’Homme ont estimé que « la plupart des violations graves » en Syrie avaient été « commises par l’armée et les services de sécurité ».

« L’armée a employé un large éventail de moyens militaires, y compris des tirs d’artillerie lourde sur des zones civiles », écrit la commission d’enquête tout en faisant état d’informations selon lesquelles « les groupes armés anti-gouvernement commettent aussi des abus ».

- Protéger les manifestants -

Selon la commission, les troupes poursuivent les exécutions sommaires et la torture, même sur des enfants de 10 ans, soulignant que les enfants « font fréquemment partie des tués ou des blessés durant les attaques sur les manifestations et les bombardements ».

A Damas, le nouveau Parlement, issu des élections du 7 mai raillées par la communauté internationale et boycottées par l’opposition, a élu un nouveau président, Jihad Lahham, un avocat membre du parti Baas au pouvoir.

Plus de la moitié des députés seraient désormais issus des rangs du Baas qui dirige la Syrie depuis 1963, selon un décompte de médias syriens en ligne. Aucune annonce officielle des résultats n’a été faite pour le moment.

Sur le terrain, et malgré le plan de sortie de crise de l’émissaire international Kofi Annan soutenu par l’ONU et accepté par le régime et les rebelles, les violences ne connaissent aucun répit avec des dizaines de victimes chaque jour.

Quelque 270 observateurs de l’ONU sont déployés dans le pays et tentent en vain de faire respecter un cessez-le-feu en vigueur officiellement depuis le 12 avril, en application du plan Annan, mais systématiquement violé.

Jeudi, au moins 31 personnes ont péri dans les violences, dont 23 civils, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

L’Armée syrienne libre (ASL), composée essentiellement de déserteurs, a annoncé jeudi dans un manifeste s’être dotée d’un statut fixant comme objectifs prioritaires d' »aider le peuple syrien à se libérer » du régime Assad en protégeant les manifestations et en faisant traduire devant des tribunaux internationaux les auteurs de « crimes de guerre contre le peuple syrien ».

Dans son manifeste, l’ASL affirme aussi qu’elle sera au service du « gouvernement qui sera élu par le peuple » après la chute du régime, qu’elle « veillera à l’unité du peuple et à son intégrité territoriale » et qu’elle « ne s’ingèrera pas dans le processus politique ».

A Abou Dhabi, des représentants de près de 60 pays ou organisations internationales ont participé à une réunion organisée par l’Allemagne et les Emirats arabes unis pour préparer la reconstruction de la Syrie et commencer à élaborer un « plan Marshall » pour relancer l’économie du pays.

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