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Plus de 50.000 manifestants dans les rues de Casablanca dimanche : Démonstration de force contre le gouvernement Benkirane

Plus de 50.000 manifestants dans les rues de Casablanca dimanche : Démonstration de force contre le gouvernement Benkirane
Dernière mise à jour le 27/05/2012 à 14:34

La Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) ont organisé, dimanche à Casablanca, une marche nationale pour défendre “la dignité et les revendications matérielles et sociales légitimes des salariés”.

Placée sous le mot d’ordre “la dignité d’abord”, cette manifestation, qui a surpris par son ampleur, est la plus importante contre le gouvernement dirigé depuis janvier dernier par Abdelilah Benkirane du Parti Justice et Développement (PJD).

Des travailleurs, plusieurs partis politiques ont participé à la marche ainsi que des centaines de jeunes du Mouvement du 20 février.

30%

Près de 30% des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont au chômage dans la Royaume, selon un rapport de la Banque mondiale rendu public le 14 mai à Rabat.

“Un message clair au gouvernement Benkirane”

“Il y a plus de 50.000 personnes qui manifestent pour appeler le gouvernement à ouvrir un dialogue véritable face à la tension sociale de notre pays. (…) Il y a un message d’unité syndicale et un message clair au gouvernement Benkirane pour qu’il clarifie sa stratégie gouvernementale.”

Hassan Tariq, député de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) à l’AFP

Un responsable de la police a estimé pour sa part, dans une déclaration à l’AFP, que le nombre de manifestants était entre 15 et 20.000. “Mais ils sont dispersés dans plusieurs artères de Casablanca”, a-t-il ajouté.

Du rond-point de Dakar (Chimicolor) à celui de Mers Sultan, des milliers de manifestants ont sillonné les grandes artères de la capitale économique, en scandant des slogans appelant à la mise en œuvre de l’accord du 26 avril 2011, au respect des libertés syndicales, à la lutte contre la corruption et le népotisme, à l’amélioration des conditions de travail et de vie de la classe ouvrière.

Ils ont également exprimé, à travers des banderoles, leur opposition à la loi sur le droit de grève et demandé l’augmentation des salaires et des pensions de retraite, l’application de l’échelle mobile des salaires, la réforme des régimes de retraite, l’amélioration des services de santé, la promotion du système d’éducation et la transparence de la justice.

“Le gouvernement Benkirane doit clarifier son programme et ne pas se contenter de déclarations. On ne connaît pas la stratégie de ce gouvernement. Il doit ouvrir un dialogue véritable et clair avec les syndicats.”

Abderrahmane Azzouzi, secrétaire général de la FDT

Dans une déclaration commune, rendue publique le 22 mai, les deux centrales syndicales avaient estimé que l’actuel gouvernement “persiste à prendre des décisions unilatérales contre les syndicats” et que la classe ouvrière se trouve actuellement “dans une nouvelle situation marquée par le recul, la violation des libertés sociales et collectives et la répression des manifestations et mouvements de protestation sociaux légitimes”.

Elles y ont également appelé à des négociations collectives tripartites pour, entre autres, le respect des libertés, la hausse des salaires, l’unification du SMIG et du SMAG, la révision des lois organiques pour l’élection des délégués, la réforme du système d’éducation et des régimes de retraite.

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