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Loi sur l’abolition du travail des « petites bonnes » : Les associations s’impatientent

Loi sur l’abolition du travail des « petites bonnes » : Les associations s’impatientent
Dernière mise à jour le 28/05/2012 à 11:05

La situation des “petites bonnes” a été au centre d’une journée d’étude organisée samedi par le Collectif pour l’éradication du travail des “petites bonnes”. Regroupant plusieurs associations œuvrant notamment dans le domaine de l’enfance, ce collectif a noté que le travail des enfants au Maroc représente une problématique sur les plans social, culturel, politique, économique et démographique qui nécessite la mise en place de plusieurs mécanismes ayant pour but la protection de l’enfance et la lutte contre toutes formes d’exploitation vis-à-vis de cette catégorie.

“Le Maroc, qui a ratifié nombre de conventions internationales relatives aux droits de l’enfant, reste toujours réservé sur les mesures internationales à adopter dans sa stratégie de lutte contre l’exploitation économique des enfants.”

Collectif pour l’éradication du travail des “petites bonnes”

30.000

C’est le nombre de filles mineures travaillant comme domestiques au Maroc. Selon les statistiques issues des organismes publics, notamment le Haut commissariat au plan (HCP), et des instances et organisations mondiales, le travail de domestiques de moins de 15 ans constitue une “pratique courante” au Maroc, non réprimée par la loi, a ajouté le collectif, dans un communiqué.

Une “violence physique et économique”

Lors de cette rencontre, le Collectif a souligné que ce phénomène est dû essentiellement à la pauvreté, l’analphabétisme et la précarité des infrastructures au niveau des zones rurales, estimant que ces mineures subissent une “violence physique et économique” surtout qu’elles sont pour la plupart mal payées.

Du côté du gouvernement, on se veut plus rassurant, affichant une volonté d’éradiquer ce phénomène.

“Il existe une ferme volonté d’assurer la protection des travailleurs domestiques au Maroc en mettant la législation en vigueur en adéquation avec les dispositions de la nouvelle Constitution et les conventions internationales du travail.”

Abdelouahed Souhail, ministre de l’Emploi et de la formation professionnelle (devant le Parlement en février dernier)

Il avait alors annoncé la finalisation d’une nouvelle mouture du projet de loi régissant les relations entre les travailleurs domestiques et leurs employeurs, qui intègre les nouvelles dispositions constitutionnelles relatives aux droits socio-économiques. Ce texte devra également être en conformité avec la convention internationale sur le travail décent pour les travailleurs domestiques et le plan d’action national pour l’enfance 2006-2012, “Maroc digne de ses enfants”.

Mais, au-delà de l’adoption de ce projet de loi, c’est son application qui préoccupe les acteurs de la société civile. “Car, au Maroc, le gros problème des lois a toujours été leur mise en œuvre”, nous avait confié Jaouad Chouaïb, président de l’Association Bayti.

Le collectif pour l’éradication du travail des “petites bonnes”

Créé en 2009, le collectif pour l’éradication du travail des “petites bonnes”, qui rassemble 34 associations et réseaux marocains de promotion de justice et de dignité humaine, s’emploie à mobiliser l’opinion publique face à l’ampleur de ce phénomène social et à garantir une meilleure protection juridique de l’enfant de moins de 15 ans contre toutes formes d’exploitation.

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