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La guerre des navigateurs fait rage dans l’internet mobile

La guerre des navigateurs fait rage dans l’internet mobile
Dernière mise à jour le 29/05/2012 à 5:49

La guerre des navigateurs internet est ranimée entre les géants des hautes technologies, mais avec cette fois pour enjeu l’accès à internet via non plus des ordinateurs mais des appareils portables.

Google, Apple, Microsoft et Yahoo! sont tous impliqués, tout comme le norvégien Opera, et la fondation Mozilla avec son navigateur ouvert Firefox.

Le nerf de la guerre, c’est le suivi des activités des mobinautes.

« Tout le monde veut avoir ce premier point de contact avec l’internaute pour contrôler son expérience, capter des données (ndlr: précieuses pour fournir des publicités ciblées) et les aiguiller vers des services », relève Al Hilwa, au cabinet de marketing IDC.

« Les navigateurs doivent exister sur les appareils portables pour survivre », souligne Greg Sterling, analyste chez Opus Research. « Tout le monde essaie de gérer sa stratégie dans ce monde multi-écrans et multi-plateformes ».

Google a renforcé ses efforts cette année en lançant une version complète de son navigateur Chrome pour les portables, qui à terme remplacera le programme sans nom d’accès à internet que Google a associé à son système d’exploitation pour appareils portables Android.

Selon un analyste de Macquarie Capital, Google travaillerait aussi à rendre Chrome compatible avec les appareils sous iOS, le système d’exploitation pour appareils portables d’Apple.

Le navigateur d’Android avait une part de marché de 21,5% de l’internet mobile mondial en avril, selon StatCounter, prenant la tête devant Opera (21,3%) – ce qui donne d’entrée un avantage à Chrome, qui est déjà « en plein élan sur les PC », note M. Sterling.

Safari, installé par défaut par Apple sur tous les iPhones, est 3e avec 20%, devant les systèmes de Nokia, BlackBerry et quelques autres.

En comptant les tablettes, Safari domine largement (63%), mais Android fait des progrès, avec 19%, selon l’enquête NetMarketShare de Net Applications.

Pendant ce temps, Microsoft pousse à l’utilisation d’Internet Explorer dans les appareils sous Windows, de façon pas très loyale selon des concurrents.

Le directeur juridique de Mozilla Harvey Anderson s’est récemment plaint que Microsoft limite les fonctionnalités les plus avancées des applications extérieures, ce qui revient à évincer Firefox.

Avec les appareils sous le nouveau système Windows 8, en phase expérimentale, Microsoft reviendra « à l’époque sombre où les internautes et les développeurs n’avaient pas la possibilité de choisir leur navigateur », s’est plaint M. Anderson.

Yahoo! est le petit dernier sur le segment, avec Axis, un navigateur conçu pour les portables. « Il n’y aura plus jamais besoin d’utiliser Safari », a dit un directeur produit de Yahoo!, Ethan Batraski, en présentant ce programme.

M. Sterling note toutefois qu’Apple a peut-être une arme défensive, le système d’assistance vocale Siri, lancé fin 2011 avec le téléphone iPhone 4S.

Sans compter qu’en cas d’aggravation des hostilités, Apple peut toujours choisir de mettre Bing de Microsoft plutôt que Google comme moteur de recherche par défaut sur Safari.

Pour les analystes, il est encore difficile de savoir si les grands groupes vont vraiment chercher à s’éliminer les uns les autres, et si cela risque de provoquer une intervention des autorités.

Dans les années 1990, Microsoft avait été poursuivi aux Etats-Unis et en Europe pour ses efforts pour éliminer la concurrence à son Internet Explorer.

Enfin, les spécialistes s’interrogent aussi sur la stratégie du nouveau géant du web Facebook, à la recherche d’une stratégie dans le mobile.

« Cela ne m’étonnerait pas » que Facebook achète Opera, comme évoqué par le site internet Pocket-lint, dit M. Hilwa, qui envisage aussi que le groupe de Menlo Park développe son propre programme.

Et puis Amazon, qui a créé un navigateur maison pour sa tablette Kindle Fire, reste à surveiller, ajoute-t-il.

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