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Nord du Mali : blocage persistant entre rebelles touareg et groupe islamiste

Nord du Mali: blocage persistant entre rebelles touareg et groupe islamiste
Dernière mise à jour le 29/05/2012 à 19:19

Le projet de fusion entre la rébellion touareg et le groupe islamiste Ansar Dine dans le nord du Mali achoppait toujours mardi sur la question de l’application de la charia (loi islamique), a-t-on appris auprès des deux mouvements.

« Pour nous, il n’est pas question de revenir sur l’application de la charia (loi islamique). C’est adopté, c’est adopté, c’est tout », a affirmé à l’AFP un proche de Iyad Ag Ghaly, chef du groupe islamiste Ansar Dine, dont les propos en arabe ont été traduits en français par un élu de la région.

« Aujourd’hui (mardi) même, nous avons encore parlé avec la délégation du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg, ndlr). Ils veulent qu’on trouve une formule qui va satisfaire tout le monde. Mais cette formule, on ne l’a pas encore trouvée », a-t-il ajouté.

Initialement annoncé pour mardi à Gao, grande ville du Nord où ont lieu les discussions Ansar Dine/MNLA depuis plusieurs semaines, Iyad Ag Ghaly « n’arrivera pas ici avant 48 heures », a ajouté la même source, sans fournir d’explication.

Au lendemain du constat de blocage, une source proche du MNLA a confirmé que les deux parties recherchent actuellement « une formule acceptable par tous dans le communiqué final, mais cette formule n’est toujours pas trouvée ».

Le MNLA, sécessionniste et se présentant comme laïc, et Ansar Dine (Défenseur de l’islam, en arabe), prônant l’application de la charia dans tout le Mali, ont signé le 26 mai un « protocole d’accord » sur leur fusion au sein d’un « Conseil transitoire de l’Etat islamique de l’Azawad » (région Nord), rejeté par le gouvernement malien et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Ansar Dine et son allié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), adepte du jihad (guerre sainte), sont désormais dominants, aux dépens du MNLA, dans l’immense Nord malien qui échappe au pouvoir central depuis deux mois, une partition de fait précipitée par le coup d’Etat militaire du 22 mars à Bamako.

Hollande demande aux Africains de saisir l’ONU

La Mauritanie, frontalière du Mali et qui affronte Aqmi depuis plusieurs années, a exprimé mardi avec la Gambie ses « vives préoccupations » face aux « menaces graves » qui pèsent sur la zone sahélo-saharienne.

De son côté, le président français François Hollande a souhaité que les pays africains « saisissent le Conseil de sécurité et que le Conseil de sécurité puisse désigner un cadre qui permette au Mali et plus largement à la zone Sahel de renouer avec la stabilité ».

Le président français, qui s’exprimait à l’issue d’un entretien à l’Elysée avec son homologue béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine (UA), a souhaité que la Cédéao et l’UA saisissent les Nations unies « lorsqu’elles jugeront le moment opportun ». « Le plus tôt sera le mieux », a-t-il dit.

Interrogé sur une éventuelle intervention militaire française au Mali pour y assurer l’ordre, François Hollande a répondu que « c’est dans le cadre d’une décision du Conseil de sécurité que la France aura à envisager une participation, mais qui sera demandée ».

« Nous ne voulons pas rentrer dans un principe d’ingérence mais, en même temps, nous sommes conscients de la responsabilité qui est la nôtre », a-t-il poursuivi, rappelant que « nous avons des otages qui sont détenus aussi là-bas ».

Six ressortissants français sont actuellement détenus aux confins du Mali et du Niger par des groupes se réclamant d’Aqmi.

Le chef de l’Etat français s’est aussi entretenu dans la matinée au téléphone de la situation au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, qui dirige actuellement la Cédéao.

Les derniers développements dans le Nord malien ont fait passer au second plan le processus politique en cours à Bamako, où le président intérimaire Dioncounda Traoré est chargé de conduire une transition d’un an, mais reste fortement contesté par les partisans de l’ex-junte.

La Cédéao a mis en garde mardi ceux qui se livreraient à des « tentatives antipatriotiques » visant à faire échouer la transition.

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