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vive John Maynard Keynes « revisité : Pour relancer la croissance en Europe, rien de mieux que la « planche à billets » de la BCE

vive John Maynard Keynes « revisité : Pour relancer la croissance en Europe, rien de mieux que la « planche à billets » de la BCE
Dernière mise à jour le 04/06/2012 à 12:51

L’élection de François Hollande à la tête de l’Etat français rebat de fait les cartes en matière de politique économique européenne, traduisant la fin du couple infernal franco-allemand « Merkozy », dont le projet de restrictions budgétaires tous azimuts était à la fois inepte sur le plan économique, suicidaire sur le plan social, et contre-productif quant au positionnement de l’Europe dans le monde.

Il semblerait que M. Hollande et ses conseillers aient un peu plus les pieds sur terre que ceux qui ont dirigé la France ces cinq dernières années ; et je ne parle pas là en termes de droite ni de gauche, je parle en tant qu’économiste, consommateur, petit entrepreneur, français moyen, bref en tant que personne essayant de réfléchir positivement à l’avenir d’un pays auquel elle est viscéralement fort attachée.

Le nouveau gouvernement français met en avant une composante « croissance » ou « relance » pour le continent européen ; dans cette ligne, nous nous permettons de remettre sur table une idée par nous déjà exprimée antérieurement dans plusieurs articles de « La Tribune » : pour que la croissance reparte, il est nécessaire de « déboucher la pomme de l’arrosoir », c’est-à-dire de donner en direct de l’argent aux agents économiques (ménages et entreprises) pour qu’ils consomment et qu’ils investissent, car le système bancaire a cessé aujourd’hui, pour diverses raisons, de jouer son rôle de financement de l’économie.

Concrètement -ainsi que nous l’avons démontré dans des travaux de recherche antérieurs- il existe une proximité de valeur absolue entre le PIB annuel et la masse monétaire M3 d’un pays ; il suffirait ainsi pour la France d’injecter dans l’économie 5% de masse monétaire en plus, soit environ 100 milliards d’euros, pour voir le PIB augmenter de 5% en l’espace d’une année.

Cette injection de liquidités, sous forme de subventions non remboursables, se ferait pour moitié vers les ménages et pour moitié vers les entreprises (soit de l’ordre de 3 000 euros par foyer fiscal et de 20 000 euros pour chaque PME) ; cette distribution d’argent, procuré gratuitement par la Banque Centrale Européenne, à qui il ne coûte rien d’émettre 100 milliards pour l’économie française, sachant qu’en début d’année 2012 elle vient d’allouer sans condition 1 000 milliards d’euros au secteur bancaire européen, qui s’est d’ailleurs empressé de replacer la quasi-totalité de cet argent auprès de … la même BCE, le stérilisant ainsi pour l’économie réelle.

En pratique, la Banque de France serait le relais de la BCE pour attribuer cet argent aux ménages et aux PME, via le secteur bancaire national (chaque destinataire devant fournir en temps et en heure, via sa banque, ses références bancaires à la Banque de France, pour pouvoir toucher ensuite immédiatement sa subvention).

Ainsi, à l’image d’une pompe de jardin que l’on amorce en y versant un seau d’eau par le haut, de manière à procurer dans la foulée un flux continu de liquide, cette injection d’argent permettrait de faire repartir facilement et sans délai une économie européenne aujourd’hui obérée par la morosité sociale et par la crise financière des pays de l’Europe du Sud.

Quant au risque d’inflation qu’une telle démarche risquerait de provoquer, laissez-nous rire ! Avec des méga-devises comme l’euro ou le dollar, avec le changement de comportement des consommateurs tout comme celui des producteurs, l’inflation a aujourd’hui définitivement disparu de notre Continent, et ce ne sont sûrement pas juste quelques dizaines ou centaines de milliards d’euros fournies gratuitement par la BCE à l’économie européenne qui vont être capables de la réactiver !

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