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Soudans : rencontre des ministres soudanais et sud-soudanais de la Défense

Soudans: rencontre des ministres soudanais et sud-soudanais de la Défense
Dernière mise à jour le 04/06/2012 à 14:45

Les ministres de la Défense du Soudan et du Soudan du Sud se sont rencontrés lundi à Addis Abeba pour discuter de la sécurité à la frontière commune de leurs pays, quelques semaines après d’intenses combats qui ont fait craindre la reprise d’un conflit généralisé Nord-Sud.

Outre le ministre sud-soudanais, John Kong, et son homologue soudanais Abdelrahim Mohamed Hussein, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes au Darfour, était notamment présent l’ex-président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur en chef de l’Union africaine (UA) dans la crise soudanaise.

Des délégations de Juba et de Khartoum sont depuis mardi dans la capitale éthiopienne, où siège l’UA, pour la reprise de pourparlers interrompus début avril avec l’intensification des combats frontaliers. Ces discussions visent à régler les différends qui opposent toujours les deux pays onze mois après l’accès à l’indépendance du Soudan du Sud.

Au coeur des négociations à Addis Abeba : la mise en place d’une zone frontalière démilitarisée.

Malgré la partition du Soudan en juillet 2011, un cinquième de la frontière commune des deux pays n’a toujours pas été démarquée. Juba et Khartoum se disputent même des régions entières, comme celle d’Abyei, grande comme le Liban, dont le Nord affirme s’etre retiré après un an d’occupation.

Avant la rencontre de lundi, le ministre sud-soudanais des Affaires étrangères, Nhial Deng Nhial, a accusé Khartoum de ne pas se plier aux demandes de l’UA.

« Le Soudan du Sud a rapidement exécuté toutes les actions qui étaient exigées par la feuille de route de l’UA — ce que Khartoum n’a pas fait, » a dénoncé le ministre, présent à Addis Abeba comme encore le ministre soudanais de l’Intérieur, Ibrahim Mahmud Ahmad.

« Même maintenant, il n’est pas clair s’ils se sont ou non retirés d’Abyei », a poursuivi M. Nhial.

Selon le négociateur en chef sud-soudanais, Pagan Amum, des policiers soudanais se trouvent encore à Abyei. « Il s’agit en fait d’une force meurtrière composée d’agents du renseignement national et des forces de sécurité, » a-t-il poursuivi devant des journalistes alors que se tenait la réunion ministérielle.

M. Amum a aussi encore accusé le Nord de poursuivre ses raids aériens sur le Sud, appelant Khartoum à « respecter la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, à l’appliquer, à cesser les bombardements aériens, à cesser d’attaquer le Soudan du Sud, à cesser les hostilités et à discuter de bonne foie ».

Outre les questions territoriales, le Nord et le Sud ne parviennent pas à s’entendre sur le partage des ressources pétrolières du Soudan d’avant partition. Juba a hérité des trois quarts des réserves de brut mais reste tributaire des infrastructures du nord pour exporter.

Les deux parties s’accusent aussi mutuellement d’alimenter une rébellion sur le sol de l’autre.

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