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Edito : Le libre-échange à sens unique

Edito : Le libre-échange à sens unique
Dernière mise à jour le 05/06/2012 à 15:24

Depuis les années 90 nous nous sommes engagés dans une recherche de conclusion d’accords de libre-échange avec plusieurs pays ou ensemble de pays. Cela devait bien entendu booster nos exportations et nous ouvrir de nouveaux horizons. Mais ce qu’il y a de bizarre c’est que tous ces accords n’évoluent toujours que dans un seul sens, celui d’une augmentation permanente du déficit des échanges en défaveur du Maroc. Pas une seule fois notre pays ne se trouve en position positive, ou avec des exportations supérieures aux importations.

Avec l’Europe nous sommes engagés dans un accord de libre-échange depuis 2000, censé nous donner accès à un marché de 500 millions d’habitants. Nous avions déjà un déficit commercial de 13 milliards de dirhams en 2000. En 2011 ce déficit s’est aggravé pour atteindre 58 milliards. Malgré ce marché fantastique nos exportations n’ont augmenté que de 25 milliards de dirhams en 10 ans avec l’Europe. Si on prend en considération l’augmentation des prix cela ne représente pas grand-chose en quantité.

Avec les États-Unis, l’accord de libre échange est entré en vigueur en janvier 2006. En 2005 nous avions un déficit commercial avec les USA de 3,17 milliards. En 2011 ce déficit a atteint 18,2 milliards. Pourtant la publicité autour de cet accord disait que le Maroc allait avoir accès à un marché de 300 millions de personnes, et qu’il ne restait plus qu’à se baisser pour ramasser les fruits de ses avantages. Or nos exportations n’ont augmenté que de 3,5 milliard de dirhams lorsque nos importations depuis les États-Unis ont augmenté de 20 milliards.

Avec la Turquie, on nous a encore fait miroiter que ce marché de 72 millions d’habitants était une forte opportunité pour notre pays. L’accord de libre échange est entré en vigueur en 2006. En 2005 notre déficit commercial avec la Turquie était de 2,8 milliards, en 2011 il avait doublé!

L’accord de libre-échange avec l’Égypte, la Tunisie et la Jordanie, signé en 2004,  a connu la même évolution. Notre déficit commercial avec ce groupe de pays est passé de 1 milliard en 2004 à 3,6 milliards.

Le ministère du Commerce extérieur avait mis en place en juillet 2009 une stratégie, appelée Maroc plus, pour promouvoir nos exportations et les tripler à l’horizon 2018. Mais la stratégie ne nous dit pas de combien augmenteront nos importations dans cette même période. Si on continue au même rythme sans prendre des mesures économiques draconiennes, quitte à déplaire à tous les indignés du pays, il est à parier que les importations seront multipliées par plus de 3 fois, rendant inutile toute stratégie de développement des exportations.

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