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Arrivée de Solar Impulse au Maroc : Une synergie solaire

Arrivée de Solar Impulse au Maroc : Une synergie solaire
Dernière mise à jour le 06/06/2012 à 16:01

Atterrissage du premier vol intercontinental de l’avion Solar Impulse pour le lancement des travaux de la plus grande centrale thermo-solaire jamais construite dans le monde, à Ouarzazate: le signal est fort. Le premier avion a volé jour et nuit uniquement grâce à l’énergie solaire s’est posé sur le tarmac de l’aéroport Rabat-Salé, mardi à 23h27 après avoir quitté Madrid à 3h22 GMT. Il a été accueilli par le directeur général de l’Agence marocaine de l’énergie solaire (Masen), Mustapha Bakkoury.

Dans cinq jours, Solar Impulse s’envolera pour Ouarzazate où le Roi Mohammed VI lancera les travaux de la première centrale du plan solaire marocain qui vise la construction de cinq parcs solaires d’une capacité de 2.000 mégawatts en 2020. Un projet ambitieux qui s’inscrit en droite ligne du challenge de Solar Impulse: lancer l’ère de l’avion volant sans carburant ni émissions polluantes, grâce au solaire.

“Le Maroc s’engage avec beaucoup d’ambition dans le développement des énergies renouvelables. Nous admirons cet effort. Je suis très ému. Les Marocains ont tellement bien préparé ce vol… Je suis ravi pour eux et je les remercie.”

Bernard Piccard, pilote et co-fondateur de Solar Impulse, après son atterrissage à l’aéroport Rabat-Salé.

Pour Mustapha Bakkoury, président du directoire de Masen, “c’est un événement historique”. Effectivement, l’événement est doublement historique pour Solar Impulse qui effectuait son premier vol reliant deux continents, et pour le Maroc qui projette une contribution des énergies renouvelables dans la production d’électricité à 42% contre environ 25% actuellement.

Recherche et développement

La première pierre de ce vaste chantier va être posée à Ouarzazate pour la construction d’un parc thermo-solaire d’une capacité de 160 mégawatts. S’étalant sur 460 ha, la centrale de Ouarzazate abritera aussi une plateforme de R&D (recherche et développement) qui pourra occuper 200 ha.

Cette plateforme a pour rôle de “travailler sur des problématiques concrètes que nous allons rencontrer dans le cadre de ce projet et dans les projets à venir, notamment le stockage d’énergie, l’intégration d’énergie produite pour le réseau électrique, la durée de vie des matériaux dans le milieu d’évolution du projet et des problématiques d’exploitation des performances des centrales”, a précisé Mustapha Bakkoury.

Ce premier projet se fera dans le cadre d’un partenariat public-privé entre MASEN et l’opérateur privé qui sera désigné dans quelques jours et sera chargé de la conception, de la réalisation et de l’exploitation de la centrale pendant 25 années, à travers la réalisation d’une société de projet basée au Maroc et au capital de laquelle MASEN participera à environ 25%, a-t-il expliqué.

Interrogé sur les projets d’Ain Béni Mathar, Foum Loued, Boujdour et Sebkhat Tah, il a indiqué que leur déploiement dépend du succès du projet de la centrale d’Ouarzazate et d’une bonne application dans la R&D.

L’éolien et Desertec

A côté du plan solaire marocain, cinq projets de parcs éoliens de 720 MW sont en chantier pour une mise en service en 2012, et pour un coût de 12 milliards de dirhams. Grâce aux vents maritimes, le Maroc table sur un important gisement d’énergie éolienne d’un potentiel de 6.000 MW environ.

Et en plus des projets marocains, il y a également le grand projet européen Desertec pour la région MENA, qui démarre en 2012 au Maroc et qui vise à construire un site de 500 MW sur une surface de 12 km2, pour un coût de 2 milliards d’euros.

A terme, ces projets d’énergies renouvelables permettront au Maroc de réduire sa dépendance vis-à-vis du pétrole. En effet, le Maroc importe actuellement 80% de ses besoins énergétiques.

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