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Côte d’Ivoire : sept Casques bleus nigériens tués dans une embuscade

Côte d’Ivoire: sept Casques bleus nigériens tués dans une embuscade
Dernière mise à jour le 08/06/2012 à 23:23

Sept Casques bleus nigériens de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) ont été tués vendredi dans une « embuscade » dans l’ouest du pays, « première attaque de ce genre » contre l’Onuci, menée selon le gouvernement ivoirien par des assaillants venus du Liberia.

« Un ou deux » civils ainsi que « deux » militaires ivoiriens, qui patrouillaient avec les Casques bleus, pourraient avoir été tués, a déclaré à l’AFP le ministre ivoirien délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, mais sans pouvoir confirmer ce bilan pour le moment.

« Selon un bilan provisoire, sept Casques bleus nigériens ont perdu la vie dans une embuscade dans l’ouest du pays, dans la zone au sud de la petite ville de Taï », près de la frontière avec le Liberia, a annoncé à l’AFP un porte-parole de l’Onuci, sans précision sur l’identité des assaillants.

Il s’agit de « la première attaque de ce genre » contre l’Onuci, présente dans le pays depuis 2004 et comptant quelque 10.000 éléments (Casques bleus, policiers et employés civils), a-t-il souligné.

« L’Onuci prendra toutes les mesures qui s’imposent suite à cette grave violation du droit international », a affirmé dans un communiqué le chef de la mission, Bert Koenders.

Ces Casques bleus « faisaient partie d’une patrouille en mission » dans « une zone où l’Onuci a récemment renforcé sa présence en raison de menaces d’attaques contre les populations civiles », précise le communiqué.

L’embuscade contre la force onusienne a eu lieu lors d’une « attaque venue du Liberia » contre trois villages de l’Ouest ivoirien, a déclaré le ministre ivoirien.

Les assaillants, évalués à « une cinquantaine », « ont traversé le fleuve (qui sert de frontière) et ont attaqué les localités ivoiriennes voisines de Saho, Para et Nigré », a expliqué M. Koffi.

« On pense que ce sont les mêmes groupes » qui sont derrière cette opération que lors des attaques perpétrées ces derniers mois dans la zone, a-t-il dit, citant « d’anciens miliciens ou mercenaires » fidèles à l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, « ou de simples bandits ».

« peur panique dans les villages »

Lors d’une visite de casernes vendredi à Abidjan, le chef d’état-major de l’armée ivoirienne, le général Soumaïla Bakayoko, a annoncé que « du 15 au 25 juin, une manoeuvre militaire ivoiro-libérienne aura lieu à l’Ouest ».

« Nous pensons que c’est avec cela que nous allons apporter la sécurité totale à l’Ouest. Ça va partir de Tabou (Sud-Ouest) jusqu’à Taï dans un premier temps, et après nous allons poursuivre jusqu’à Danané », plus au nord, a-t-il détaillé.

« C’est la peur panique dans les villages, certains fuient dans la forêt, d’autres prennent la direction du Liberia », a déclaré à l’AFP une habitante du village de Para, jointe par téléphone depuis Abidjan.

« De nombreux villageois essaient de fuir », vers le nord et le sud, a confirmé le maire de Taï, Désiré Gnonkonté.

Région de loin la plus instable de Côte d’Ivoire, tiraillée par des tensions ethniques sur fond de conflits fonciers, l’Ouest a été la zone la plus meurtrie durant la crise politico-militaire de décembre 2010-avril 2011, qui a fait quelque 3.000 morts à travers le pays.

Elle est depuis lors en proie à des attaques meurtrières et constitue un défi sécuritaire majeur pour le gouvernement du président Alassane Ouattara.

« Au moins 40″ personnes ont été tuées depuis juillet 2011 dans ces attaques, a affirmé l’ONG Human Rights Watch dans un rapport publié mercredi, qui attribue ces raids à des forces pro-Gbagbo opérant depuis le Liberia et recrutant des « enfants ».

Accusé par HRW de pratiquer « la politique de l’autruche », le gouvernement libérien a récusé toute passivité. Le Liberia, qui a connu des guerres civiles ayant fait quelque 250.000 morts entre 1989 et 2003, a assuré n’avoir « aucun intérêt à menacer ses voisins ou à encourager des attaques contre d’autres pays ».

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