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Rio+20 : les plumes des Indiens remplacent celles du carnaval au sambodrome

Rio+20: les plumes des Indiens remplacent celles du carnaval au sambodrome
Dernière mise à jour le 16/06/2012 à 16:08

Les vraies plumes colorées des Indiens d’Amazonie ont remplacé celles du carnaval au sambodrome de Rio, transformé en centre d’hébergement pour les groupes d’activistes et indigènes qui participent au Sommet des peuples en marge de la conférence de l’ONU Rio+20.

Habituellement envahi par les immenses chars et milliers de danseurs des défilés des écoles de samba, la longue piste bordée de gradins du sambodrome construit par l’architecte centenaire Oscar Niemeyer est pratiquement vide samedi matin.

Mais sous les gradins, on voit des tentes de camping alors que les loges normalement réservées aux artistes et à la jet set ont été aménagées en dortoirs.

« On ne peut pas entrer, ici c’est propriété privée maintenant », déclare Edson Souza à l’AFP, un volontaire qui « a reçu des ordres des organisateurs ».

D’après lui, 2.600 Indiens et militants de mouvements sociaux comme Via Campesina (le mouvement international de paysans) ou Catadores (trieurs d’ordures), sont déjà au sambodrome où il est prévu d’héberger jusqu’à 10.000 personnes, tous des Brésiliens.

« Le confort est minimum et il n’y a rien à manger », se plaint en sortant Antonio Regivaldo, 32 ans, un militant de l’Union populaire pour un logement.

Peu à peu, de petits groupes quittent les lieux pour aller prendre un petit déjeuner dans un café proche.

« C’est mal organisé. On devait nous donner le petit déjeuner, mais comme d’habitude, les plus démunis sont laissés pour compte », déplore le cacique Sandro Potiguara qui revêt, comme toute sa tribu Potiguara, une longue jupe en paille.

Ils sont venus à 48, hommes et femmes, de l’Etat de Paraiba (nord-est du Brésil) et sont arrivés vendredi à minuit à Rio, après 50 heures de car avec un objectif: « trouver des solutions pour sauver la planète et montrer notre savoir traditionnel ».

Du sambodrome, ils vont vivre une nouvelle aventure inédite pour se rendre en métro à l’Aterro do Flamengo, le parc où se déroule le contre-sommet organisé par la société civile du monde entier en marge de la conférence de l’ONU sur le développement durable.

Les militants veulent apporter des solutions alternatives à « l’économie verte » prônée par la conférence officielle – qui réunira 116 chefs d’Etat et de gouvernement du 20 au 22 juin – et qui n’est qu’un terme « trompeur pour désigner une autre étape d’accumulation capitaliste », selon eux.

Les Indiens ne payent pas le métro grâce à un bracelet qui leur a été remis mais la difficulté commence quand il faut prendre l’escalier mécanique. Beaucoup sont apeurés et optent pour l’ecalier normal.

Comme ils ont embarqué à la station du sambodrome, les passagers incrédules se demandent s’il s’agit d’un carnaval hors saison.

« Ce sont de vrais Indiens? », demande Jessica, 21 ans, qui n’a « jamais vu un Indien d’aussi près ».

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