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Aung San Suu Kyi, escortée par son fan Bono, en star d’un concert à Dublin

Aung San Suu Kyi, escortée par son fan Bono, en star d’un concert à Dublin
Dernière mise à jour le 18/06/2012 à 21:28

L’icône birmane de la démocratie Aung San Suu Kyi a été acclamée comme une rock-star lors d’un concert en son honneur à Dublin, pendant lequel Bono lui a remis un prix décerné par Amnesty International récompensant son combat pour les droits de l’Homme.

Portant une longue robe noire à losanges et une écharpe jaune, des fleurs rouges dans les cheveux, Aung San Suu Kyi a été accueillie au Bord Gais Energy Theater par une ovation debout et des applaudissements nourris.

L’opposante birmane s’est dite « surprise » et « profondément touchée » par l’ampleur du soutien témoigné par le public à la fois lors de son voyage en Thaïlande -son premier déplacement à l’étranger depuis 24 ans- et depuis le début de sa tournée triomphale en Europe, qui l’a déjà conduite en Suisse et en Norvège.

« Je n’avais pas conscience du nombre de personnes qui s’intéressaient à nous et à notre cause avant de commencer ce voyage », a déclaré la lauréate du prix Nobel de la Paix, qui était arrivée dans l’après-midi d’Oslo avec Bono, à bord du jet privé du chanteur de U2.

Le même Bono lui a remis sur scène le prix « d’ambassadeur de conscience » décerné par Amnesty International. « Par une grande ironie des choses, votre confinement a fait que vous êtes chez vous dans le monde entier. Vous êtes chez vous à Dublin ce soir », a déclaré la star irlandaise.

« Recevoir ce prix me rappelle qu’il y a 24 ans j’ai pris des engagements que je ne pourrai jamais abandonner, mais vous m’avez donné la force de continuer. Vous m’avez montré ce soir que je ne suis pas seule », a répondu Aung San Suu Kyi.

Le chanteur Bob Geldof, l’un des artistes à se produire lors de ce concert « Electric Burma », a salué la présence de l’opposante birmane comme un « honneur » fait à l’Irlande, et lu un poème de l’Irlandais Seamus Heaney, « The Cure at Troy ».

La soirée a également été marquée par les prestations du comédien birman et militant pro-démocratie Zarganar, de la chanteuse béninoise Angélique Kidjo, de l’Irlandais Damian Rice et du rappeur américain Lupe Fiasco.

Un message pré-enregistré de l’animateur de radio Dave Lee Travis, dont Aung San Suu Kyi aimait écouter l’émission sur la BBC pendant sa réclusion, a aussi été diffusé.

Le leader de U2 a quant à lui interprété « Walk On », une chanson écrite spécialement pour Aung San Suu Kyi en 2000, puis « One ».

Bono s’était dit « ébloui » par Aung San Suu Kyi et admiratif de « son attitude de non-violence » avant de raccompagner lundi d’Oslo à Dublin l’opposante birmane dont il est un fervent admirateur.

De son côté, Mme Suu Kyi avait dit apprécier la musique de la star irlandaise, engagée en faveur des droits de l’Homme et contre la pauvreté. « J’aime la chanson (« Walk On »), car elle est très proche de ce que je ressens, elle dit que c’est à chacun de poursuivre sa route », avait-elle dit.

Lors de sa courte étape dublinoise, Aung San Suu Kyi a également rencontré le président irlandais Michael D. Higgins, qui lui avait « exprimé l’admiration que ce pays ressent pour elle ».

La « Dame de Rangoun » s’est réjouie de la volonté des autorités irlandaises d’accréditer un ambassadeur non résident en Birmanie. « Plus il y a de liens entre les pays, mieux c’est pour le monde entier », a estimé Aung San Suu Kyi.

Aung San Suu Kyi a entamé le 13 juin en Suisse un voyage historique en Europe, après 15 années de résidence surveillée. En Norvège, elle a enfin prononcé son discours d’acceptation du prix Nobel de la Paix qui lui avait été décerné en 1991.

L’opposante birmane, libérée en 2010 et qui a depuis été élue députée, doit ensuite mettre le cap vers le Royaume-Uni. Elle fêtera mardi son anniversaire à Oxford, où elle a fait ses études et fondé sa famille.

Cette étape ravivera des souvenirs personnels pour Aung San Suu Kyi, qui avait laissé derrière elle son mari et ses deux fils en retournant en Birmanie en 1988. Placée en résidence surveillée, elle n’était pas rentrée au chevet de son époux, mort d’un cancer en 1999.

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