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WikiLeaks : négociations pour résoudre le cas Assange terré à l’ambassade d’Equateur

WikiLeaks: négociations pour résoudre le cas Assange terré à l’ambassade d’Equateur
Dernière mise à jour le 20/06/2012 à 17:02

Des tractations diplomatiques étaient en cours mercredi après le coup de théâtre mardi soir du fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, réfugié à l’ambassade de l’Equateur à Londres pour échapper à son extradition vers la Suède.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a annnoncé mercredi être en « discussion » avec les autorités équatoriennes, à qui l’Australien de 40 ans a demandé l’asile politique.

L’ambassadeur d’Equateur, Mme Anna Alban, a évoqué des discussions « cordiales et constructives » après une rencontre dans la matinée au Foreign Office.

La décision de son pays « prendra en compte la tradition équatorienne de soutien aux droits de l’homme », a-t-elle indiqué dans un communiqué, ajoutant « qu’il n’était pas dans l’intention » de son gouvernement « d’interférer avec les procédures des gouvernements britannique ou suédois ».

Des négociations pourraient aussi impliquer la Suède pour que ce pays s’engage à ne pas remettre Julian Assange aux Etats-Unis, comme le craint le cyber-combattant, a estimé Helena Kennedy, avocate qui a conseillé dans le passé l’équipe de défense de l’Australien.

Si les Equatoriens obtiennent une telle garantie, « je pense qu’ils n’auront pas d’objection à le laisser partir pour la Suède », a-t-elle estimé à la BBC.

Julian Assange a pris de court tout le monde, y compris ses partisans, en se réfugiant mardi soir à l’ambassade d’Equateur. Un rebondissement qui intervient alors qu’il a épuisé tous les recours juridiques au Royaume-Uni pour éviter son extradition vers la Suède, après un marathon judiciaire de 18 mois.

« Je ne peux pas imaginer que l’Equateur va lui accorder l’asile », a estimé l’avocat des plaignantes suédoises Claes Borgstroem, pour qui il s’agit d' »une nouvelle tentative pour arrêter ou retarder l’examen légal auquel il doit se soumettre en Suède pour que justice soit rendue ».

L’extradition d’Assange n’était plus qu’une question de jours, selon Helena Kennedy.

« J’ai été surpris », a reconnu Vaughan Smith, un ancien journaliste qui a hébergé pendant des mois Julian Assange. « Je pense qu’il craint pour sa vie et il craint que s’il va en Suède, il sera envoyé en Amérique », a-t-il réagi mercredi à la BBC.

Une dizaine de supporteurs brandissaient mercredi des pancartes « Libérez Assange » devant l’ambassade d’Equateur, dans le quartier chic de Knightsbridge.

« Je pense que les Américains et beaucoup d’autres veulent le réduire au silence », assure Belgica Guana, une Equatorienne vivant au Royaume-Uni.

Julian Assange doit être entendu en Suède dans une affaire de viol et d’agression sexuelle présumés, accusations qu’il a toujours catégoriquement niées, affirmant que les relations étaient consenties.

Depuis que l’affaire a éclaté fin 2010, au moment où son site internet WikiLeaks publiait des documents diplomatiques confidentiels américains, il ne cesse de répéter qu’il est victime d’un complot des Etats-Unis. Son inquiétude, selon ses avocats, est que la Suède l’extrade aux Etats-Unis, où il pourrait encourir la peine de mort pour espionnage.

L’Equateur lui avait proposé de l’accueillir dès novembre 2010, au moment où il avait provoqué le courroux de Washington en publiant nombre de télégrammes diplomatiques.

Sur le plan juridique, Assange est désormais « passible d’arrestation » en Grande-Bretagne pour avoir enfreint les dispositions de sa liberté conditionnelle, a indiqué Scotland Yard.

Il est notamment soumis à un couvre-feu, doit résider à une adresse prédéterminée et se présenter quotidiennement à un commissariat de police. Le bracelet électronique qu’il doit porter en permanence l’empêche théoriquement de prendre la fuite.

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