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Edito : Aucune protection pour les investisseurs nationaux !

Edito : Aucune protection pour les investisseurs nationaux !
Dernière mise à jour le 21/06/2012 à 17:53

D’accord, nos traditions d’hospitalité doivent être respectées quand des étrangers viennent chez nous. Ainsi, les investisseurs espagnols qui produisent du riz à Larache ont eu raison d’y investir. Ils bénéficient d’une totale protection et les malheureux villageois, qui ont osé interrompre le fonctionnement de leurs engins, ont rapidement été punis et remis à leur place. Plusieurs d’entre eux sont poursuivis judiciairement.

A Kénitra l’Usine Sews du groupe japonais Yazaki n’a actuellement aucune grève en cours, mais ces investisseurs étrangers n’ont pas de souci à se faire, ils bénéficient d’une protection policière permanente. Gare à toute personne qui voudrait bloquer l’entrée ou occuper les locaux. En effet, ce sont là nos hôtes et nous devons les protéger.

Mais plus loin à Kénitra, dans la même zone industrielle, les usines des investisseurs nationaux n’ont pas cette chance. Depuis plusieurs mois, l’activité de trois usines de Delta Holding, qui emploient 1.300 personnes, est bloquée par une cinquantaine de salariés dont le contrat a pris fin. Malgré les multiples jugements du tribunal ordonnant la libération de l’accès aux trois usines, les autorités ne bougent pas le petit doigt.

Comment interpréter le signal que veulent donner les pouvoirs publics aux investisseurs marocains? Aux dernières informations, le syndicat représentant les ouvriers tient à imposer ses délégués pour permettre la reprise du travail.

Le code du travail a défini les conditions de séparation d’un employeur avec un salarié. Aucune législation n’impose l’obligation de faire travailler quelqu’un de force. Si la séparation est abusive, des sanctions sont prévues et la justice est là pour rétablir chaque partie dans ses droits… Alors pourquoi ce désir absolu d’imposer une personne à un patron, quand visiblement ils ne sont pas fait pour s’entendre?

Il faudrait d’urgence étendre la Moudawana de la famille à la législation du travail.

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