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Edito : La triste fin du complot Baysys. Une histoire d’outre-mer.

Edito : La triste fin du complot Baysys. Une histoire d’outre-mer.
Dernière mise à jour le 27/06/2012 à 14:47

Si l’article publié dans le quotidien français Le Monde sous la signature de Ahmed Benchemsi, ancien directeur du magazine Tel Quel, ne nous apprend rien de bien nouveau concernant la proximité du monde des affaires autour de la monarchie marocaine, le texte est pourtant bien balancé en invitant les Français à imaginer un François Hollande roi de France, ayant les mêmes prérogatives, biens et richesses que le roi du Maroc. Dès lors la conclusion, vers laquelle on oriente le lecteur s’impose d’elle-même: tout ce que vous ne pouvez pas accepter de la part de Hollande, le roi du Maroc le fait… Ce qui est finalement le constat d’une évidence, qu’on soit pour ou contre, la France est une république et le Maroc, une monarchie.

Mais ce qui a le plus attiré notre attention dans cet article, c’est l’évocation de l’affaire Baysys, -société américaine spécialisée dans les aménagements de cabines d’avions-, comme exemple déterminant de la mainmise du lobby royal sur le monde des affaires. Or le choix aurait pu être plus judicieux en se portant sur d’autres affaires que celle-ci.

Nous nous sommes bien documentés sur ce projet, et l’histoire rapportée par l’article cité plus haut, s’apparente à ces théories du complot qui se développent souvent autour de certains évènements, et en sortent un scénario qui a une apparence de vérité, à coups de rapprochements, de parallélismes, de quelques vérités, d’omissions et de comparaisons.

Version Royal Air Maroc: Dans son plan de réorganisation, la Royal Air Maroc cherche à externaliser un ensemble d’activités pour se recentrer sur son métier de base. Baysys est une société spécialisée dans les aménagements de cabine qui propose d’installer cette activité au Maroc. Il était offert à la RAM de participer à hauteur de 24% au capital soit 3,6 millions de dirhams. Le niveau des engagements financiers n’a rien à voir avec ce que laisse penser l’article du journal Le Monde. Sachant que le décret l’autorisant à participer dans un projet peut prendre plusieurs mois, la RAM a fait la demande d’autorisation tout en commençant l’étude de faisabilité. Cette méthode qui consiste à établir un décret avant de finaliser un projet est souvent utilisée et la RAM cite plusieurs opérations qui n’ont jamais vu le jour, alors que les décrets correspondants avaient été publiés (opération avec Air Gabon, Air Cameroun etc..). L’équipe de la RAM chargée d’étudier la participation dans Baysys a déterminé que le projet n’était pas intéressant pour la compagnie, notamment à cause de l’incertitude de pouvoir capter une part significative du marché international, et la RAM a finalement  décliné l’offre de participation dans Baysys Maroc.

L’article du journal Le Monde, après nous avoir décrit avec force détails la mobilisation de tout l’appareil d’État aux ordres de Majidi le tout-puissant, conclut sur le timide “pschiit” du ballon de baudruche qui se dégonfle. Selon cet article, “l’affaire a capoté pour des raisons qui restent à éclaircir”, et l’investissement n’a finalement pas eu lieu.

Après avoir été tenus en haleine sur plusieurs paragraphes, on reste sur sa faim… Et la non réalisation de l’affaire contredit totalement le scénario qui nous est présenté, son auteur ayant finalement recours à cette obscure conclusion autour de “raisons qui restent à éclaircir”.

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