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Election présidentielle mexicaine au parfum d’une défaite annoncée pour la droite au pouvoir

Election présidentielle mexicaine au parfum d’une défaite annoncée pour la 
droite au pouvoir
Dernière mise à jour le 28/06/2012 à 7:02

Quelque 80 millions de Mexicains sont appelés aux urnes, dimanche prochain, pour une élection présidentielle, qui pourrait sonner le glas à 12 années de pouvoir de la droite au Mexique.

Les électeurs mexicains sont également appelés à renouveler les deux chambres du congrès mexicain, élire plusieurs gouverneurs et quelques parlements régionaux.

Etant donné que la constitution limitant la présidence à un mandat unique de six ans non renouvelable, le président sortant, Felipe Calderon, ne peut pas se représenter à sa propre succession et devra céder le pouvoir à son successeur, le 1er décembre prochain.

Quatre candidats sont en lice pour le prochain scrutin présidentiel, dont une femme, Josefina Vazquez Mota, qui représente le parti Action Nationale (PAN -droite au pouvoir depuis l’an 2000).

Toutefois, le candidat du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI- opposition de centre-gauche), Enrique Pena Nieto, arrive à ce scrutin avec une importante avance, rarement mise à mal, dans les différentes études d’opinions.

Lors d’une récente rencontre avec les correspondants étrangers à Mexico, les maisons de sondage les plus importantes du Mexique ont été unanimes sur les chances de Pena Nieto de remporter cette élection.

Elles créditent le candidat du PRI d’une avance de 15 points sur son poursuivant le plus proche et candidat éternel d’une coalition de gauche, conduite par le Parti de la révolution démocratique (PRD), Andres Manuel Lopez Obrador, qui se présente pour la deuxième fois à un scrutin présidentiel. Un seul sondage, largement contesté, plaçait Obrador à seulement quatre points de Pena Nieto.

Le quatrième candidat à cette élection est Gabriel Quadri, représentant du Parti Nueva Alianza (Nouvelle Alliance – Panal), crédité de moins de 3% dans les sondages.

La victoire en vue de Pena Nieto équivaudrait à un retour triomphal du PRI au pouvoir, après en avoir été chassé en 2000 par le PAN, au terme d’un règne sans partage de plus de 70 ans sur les appareils de l’Etat mexicain.

Après un début de campagne électorale insipide, le panorama avait changé radicalement, vers la mi-mai, avec l’irruption sur la scène d’un mouvement de jeunesse contestataire qui renvoyait dos à dos les quatre candidats, tout en concentrant ses critiques contre le plus favori d’entre eux, Pena Nieto.

Depuis lors, les candidats ont semblé avoir saisi le message des jeunes et commencé à orienter leurs discours vers cette tranche de la société, dont 3,5 millions vont voter pour la première fois le 1er juillet prochain.

Les thèmes les plus importants évoqués par les candidats sont relatifs à la détérioration de la situation économique, l’aggravation du chômage et la violence qui sévit dans le pays.

En dépit d’un matraquage médiatique sur la nécessité du « changement », le scrutin du 1er juillet prochain pourrait être, de l’avis des observateurs, une  »élection anti-establishment », avec un rejet viscéral de l’électorat de tout ce qui a trait à la classe politique actuelle, taxée de « corrompue » et d’être très peu regardante sur l’intérêt général.

Outre l’apparition du mouvement de jeunes qui plaident pour plus de démocratisation, de liberté d’expression et d’ouverture des médias, l’autre donne de taille pour ce scrutin pourrait être le vote des indécis, chiffrés aux environs de 20% de l’électorat et que personne, jusqu’à maintenant, ne s’est aventuré à pronostiquer la tendance.

Il n’en demeure pas moins vrai que la longue campagne électorale (3 mois) a enregistré quelques soubresauts et autres surprises, comme le ralliement à Pena Nieto du premier président issue de la droite mexicaine, Vicente Fox (2000-2006), au détriment de la candidate de son propre parti.

Fox avait justifié sa position par la nécessité de « se serrer les coudes » derrière le grand favori des sondages afin de sauver le pays.

En définitive, le cri de rage lancé par les jeunes, le redémarrage nécessaire d’une machine économique enrayée et l’image d’un pays violent où les morts se comptent par dizaines chaque jour auront défini le cap de cette élection.

Le matin du 2 juillet, les Mexicains auront un nouveau président élu et un nouveau congrès, mais très peu osent croire que leur vie pourrait être chamboulée après ce scrutin. Que de fois n’ont-ils pas été déçus par cette « partidocratie » qui leur sert de classe politique.

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