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L’inventeur du BlackBerry joue sa survie

L’inventeur du BlackBerry joue sa survie
Dernière mise à jour le 29/06/2012 à 20:41

L’ex-fleuron canadien des télécoms Research in Motion (RIM) joue sa survie après un énième retard dans le lancement de la nouvelle génération de son téléphone jadis culte BlackBerry, l’érosion de ses ventes et de nouvelles coupes dans les effectifs, soulignent des analystes.

Le groupe de Waterloo, la +Silicon Valley+ du Canada, est aujourd’hui dépassé par le iPhone d’Apple et le système d’exploitation Android de Google.

RIM a annoncé jeudi soir des résultats nettement inférieurs aux prévisions des analystes, des ventes en berne, la suppression d’au moins 5.000 postes, soit 30% de sa main d’oeuvre, et un report du lancement de son système d’exploitation BlackBerry 10 à début 2013, après la période cruciale des ventes des fêtes de Noël.

Au cours d’une conférence avec les analystes, le nouveau PDG Thorsten Heins a répété ad nauseam que la réduction des effectifs était « nécessaire » et que la plate-forme BlackBerry 10 serait « révolutionnaire ». Les marchés n’ont pas mordu, le titre a une nouvelle fois plongé: à la Bourse de Toronto, RIM a cédé 19,06% vendredi, à 7,39 dollars, un score à des années-lumière du pic de 150 dollars atteint il y a à peine quatre ans.

« Le risque d’une érosion totale de la valeur [du groupe] au cours des prochaines années est possible car à l’heure actuelle, nous ne sommes pas en mesure de voir la lumière au bout du tunnel », résume Tal Liani, analyste chez Bank of America Merrill Lynch dans une note aux marchés.

« Compte tenu de la situation désastreuse du groupe, il est fort probable que les neuf prochains mois vont décider de sa destinée », renchérit Brian Modoff de la Deutsche Bank. Certains analystes estiment d’ailleurs que le groupe devrait embaucher plutôt que de licencier afin d’accélérer la mise en marché du BlackBerry 10 et non repousser sa sortie.

Car d’ici le lancement au premier trimestre 2013 BlackBerry 10, RIM va connaître une période difficile, contraint de maintenir des ventes importantes pour ne pas brûler ses liquidités sans toutefois être en mesure de présenter de nouveaux produits aux aficionados des téléphones multifonctions. Et ce alors que le iPhone 5 d’Apple est attendu à l’automne.

« Nous pensons que le trimestre qui vient de se clore était le dernier affichant une croissance du nombre d’abonnés », pronostique Kris Thompson, analyste à la Financière Banque Nationale.

Rachat, scission, accord de licence?

RIM détient encore une trésorerie de 2,25 milliards de dollars, une base de 78 millions d’abonnés à son BlackBerry, dont 20 millions dans la clientèle d’affaires, et de nombreux brevets. Le groupe sera-t-il racheté par un rival? Son titre s’approchera-t-il du zéro absolu? La compagnie sera-t-elle démantelée? Vendra-t-elle ses brevets?

« La base des abonnés pourrait ajouter une valeur stratégique à plusieurs acteurs du secteur », estime Pierre Ferragu, analyste au cabinet Bernstein. Selon lui, le géant américain Microsoft et le Taïwanais HTC pourrait être intéressés par RIM. D’autres analystes jugent toutefois peu probable un rachat d’ici le lancement du nouveau système BlackBerry 10, certains pensant même que personne ne viendra le sauver.

Pour M. Thompson, « il semble que la direction du groupe songe fortement à l’option d’un accord de licence ».

Le journal britannique Sunday Times rapportait le week-end dernier que RIM envisageait de se scinder en deux, pour séparer sa branche fabricant le téléphone BlackBerry de celle gérant les services de messageries.

Selon le Sunday Times, les géants du commerce en ligne Amazon et des réseaux sociaux Facebook pourraient être des candidats pour le rachat de la division fabriquant les technologies du groupe canadien. RIM a démenti ces informations, et affirmé poursuivre la « révision stratégique » de ses opérations.

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