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Tunisie : recours massif à la chirurgie pour reconstituer la virginité

Tunisie: recours massif à la chirurgie pour reconstituer la virginité
Dernière mise à jour le 03/07/2012 à 13:43

Les interventions chirurgicales pour reconstituer la virginité se sont généralisées en Tunisie afin de contourner le tabou social et religieux, relève dans un entretien à l’AFP lundi la psychanalyste Nédra Ben Smaïl, après la parution de son livre sur le sujet.

« Les médecins estiment à seulement 5% les filles tunisiennes qui ne se préoccupent pas de la question de la virginité avant le mariage, 20% seraient des +vraies vierges+ et plus des trois-quarts seraient des +vierges médicalement assistées+ », écrit-elle dans son ouvrage « Vierges? La nouvelle sexualité des Tunisiennes » en vente depuis samedi.

Ces dernières, ayant eu une vie sexuelle hors du mariage, « viennent dans des cabinets médicaux pour demander la réparation de l’hymen », dit Mme Ben Smaïl, expliquant avoir obtenu ces chiffres après des entretiens avec des gynécologues et avoir recueilli des centaines de témoignages anonymes via l’Internet.

Selon elle, ces cliniques, qui existent surtout à Tunis, la capitale, et Sfax (centre), facturent l’hyménoplastie entre 600 et 1.000 dinars tunisiens (300 à 500 euros).

Cette pratique a débuté dans les années 1970 en Tunisie et dans le reste du monde arabe, la virginité y restant un principe moral et religieux inébranlable.

Une Tunisienne qui a eu des relations sexuelles hors mariage est considérée « au mieux, comme la victime de ses pulsions et de sa naïveté, au pire comme une fille de mauvaise vie. Dans tous les cas, elle est un être malade et souillée », écrit l’auteure.

Paradoxalement, elle rappelle que les autorités religieuses internationales ont émis en 2007 une « fatwa » autorisant les hyménoplasties, alors que selon une étude réalisée en 2005 par l’hôpital psychiatrique Razi de Tunis, 83,7% des Tunisiens estiment qu’une femme doit préserver sa virginité jusqu’au mariage.

« La médecine vient alléger l’angoisse sociale des femmes, (…) rassure les femmes et leur offre un compromis », estime Nédra Ben Smaïl.

Le gouvernement islamiste de la Tunisie, issu des élections ayant suivi la révolution de 2011, ne s’est jamais exprimé sur le sujet mais plusieurs hauts responsables ont appelé à des mesures pour décourager les rapports sexuels hors du mariage.

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