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Après le « printemps arabe », les féministes sur leurs gardes : Des acquis de décennies de militantisme menacés

Après le « printemps arabe », les féministes sur leurs gardes : Des acquis de décennies de militantisme menacés
Dernière mise à jour le 04/07/2012 à 12:00

Réunies à l’occasion d’un colloque sous le thème “femme et démocratie dans le monde arabe”, organisé dans le cadre du 34e Moussem culturel international d’Assilah, des militantes pour les droits des femmes ont exprimé leurs inquiétudes face à la situation de leurs droits dans cette région.

Pour justifier leurs craintes d’une éventuelle remise en question des droits de la femme arabe, ces militantes avancent la situation économique difficile qui n’arrange pas les affaires des catégories les plus exposées et la montée de certains courants politiques, qui ne considèrent pas la situation de la femme comme une question centrale.

Pour Rola Dashti, parlementaire et militante féministe koweïtienne, le monde arabe traverse une “période difficile où le combat sur la définition du rôle de la femme dans la société bat son plein”.

De la marginalisation de la femme à son exclusion

Un signe, selon elle, qui n’augure rien de bon, en raison, entre autres, de l’apparition d’une pensée islamique extrémiste, qui risque de passer de la marginalisation de la femme à son exclusion de manière abrupte mais aussi d’une conjoncture économique assez difficile, où la femme serait la première victime. Elle note, dans ce sens, que la femme est la première catégorie touchée par la pauvreté et le chômage dans le monde arabe.

A ces craintes, la députée ajoute que la femme contribue à la dégradation de sa situation en ne daignant pas revendiquer son droit à l’accès aux postes de responsabilité.

Sur un ton non moins pessimiste, l’avocate Bochra Belhadj Hmida, cofondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates, affirme qu’une grande interrogation se pose actuellement dans des pays qui ont connu la révolution, la Tunisie en particulier: “les acquis de décennies de militantisme seront-ils bafoués, maintenus ou renforcés ?”.

“Sans attendre, la société civile est appelée à se mobiliser pour contrer toutes les tentatives de contournement de ces acquis et couper court au transfert des débats essentiels sur le terrain du corps et de l’aspect vestimentaire”.

Bochra Belhadj Hmida, avocate, co-fondatrice de l’Association tunisienne des femmes démocrates.

Mais, le grand défi, selon elle, reste celui de convaincre la femme elle-même de la légitimité de son combat et de l’utilité de la lutte contre la discrimination pour toute la société.

Militer pour plus de femmes aux postes de responsablilités

Azza Kamel Maghur, membre du Conseil libyen des droits de l’Homme a choisi, elle, de lancer un appel à l’adresse des femmes arabes pour militer, non pas pour des sièges au Parlement, mais pour des postes de responsabilité.

Elle a rappelé, dans ce sens, l’expérience récente de la femme libyenne qui était la première à participer à la révolution à partir de Benghazi, mais qu’une fois l’ordre des choses rétabli, s’est retrouvée en marge des débats de la sphère décisionnelle, l’avocate libyenne garde un certain degré d’optimisme.

Enfin, Bahia Jawad Al Jichi, 2e vice-présidente du Conseil du Choura au Bahreïn insiste sur le besoin de mise en ?œuvre des décisions politiques sur la participation de la femme. Elle appelle la femme à relever les défis liés à la méconnaissance de ses droits, soulignant l’importance pour les femmes de se soutenir mutuellement.

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