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Grèce : le plan UE-FMI est sorti des rails, Samaras reçoit ses créanciers

Grèce: le plan UE-FMI est sorti des rails, Samaras reçoit ses créanciers
Dernière mise à jour le 05/07/2012 à 16:00

Le nouveau Premier ministre grec Antonis Samaras a passé jeudi un délicat premier grand oral devant les créanciers de la Grèce dont le plan de redressement, qui va être réévalué, a partiellement déraillé après trois mois de parenthèse politique.

M. Samaras, un conservateur qui gouverne avec les socialistes et la gauche modérée, s’est entretenu jeudi après-midi pendant une heure avec les chefs des missions du FMI, Poul Thomsen, de la Banque centrale européenne (BCE), Klaus Masuch, et de la Commission européenne, Matthias Mors, chargés d’examiner les comptes grecs avant une réunion des ministres des Finances de la zone euro prévue lundi.

La situation très tendue dans laquelle se trouve la Grèce a été résumée par le nouveau ministre des Finances Yannis Stournaras qui participait à la rencontre: « Des années difficiles nous attendent (…), je vois de la lumière au fond du tunnel, mais le tunnel est long, il faut de la patience », a-t-il dit.

« Beaucoup de choses ont changé au cours des trois derniers mois, en fait, certains aspects du programme ont quitté les rails », a-t-il reconnu, en faisant référence à l’arrêt de réformes pour cause de vide politique et au nouveau dérapage attendu des finances publiques. Les pays européens ont aussi suspendu leur aide depuis début mai.

La mission de la troïka est de fait d’évaluer l’ampleur des déficits à combler, la nature des efforts à réaliser, d’écouter les propositions du gouvernement grec avant de décider d’une éventuelle reprise ou extension de l’aide internationale à la Grèce.

Enjeu de toutes ces discussions, le versement, vital pour le pays, de la prochaine tranche du prêt international attendue avant le 20 août, qui se monte à 31,5 milliards d’euros, selon la presse.

Le gouvernement Samaras, tout en se présentant comme pro-européen, compte de son côté renégocier une partie des efforts d’austérité contenus dans le « memorandum » qui lie la Grèce à ses créanciers. Il veut notamment demander un allongement de un à trois ans de l’ajustement budgétaire.

La question étant de savoir si tout cela est possible en maintenant un taux d’endettement du pays de 120% à l’horizon 2020, chiffre sur lequel toutes les parties étaient tombées d’accord en février lors de la signature du memorandum.

Les comptes grecs seront passés au crible lundi par les ministres des finances de l’Eurogroupe, la troïka devant ensuite revenir à Athènes vers la fin juillet.

« La troïka m’a dit en plaisantant que lundi je passerai un moment difficile, je leur ai répondu que j’en étais parfaitement conscient », a d’ailleurs souligné M. Stournaras devant les journalistes.

La reprise des discussions avec la troïka clôt une parenthèse de trois mois de vide législatif, durant laquelle se sont tenues deux élections générales successives.

Parmi les réformes suspendues, figurent le processus de privatisations, que le nouveau gouvernement veut relancer, la réforme fiscale ou encore celle de l’administration.

Ce dossier est d’autant plus compliqué que les Grecs se voient contraints de créer une fonction publique efficace et impartiale capable de lever l’impôt correctement, après des années de clientélisme et de gabegie, le tout à l’économie avec le remplacement d’un seul fonctionnaire sur 10 partant à la retraite.

« Les sujets clés sont le besoin de combler le déficit budgétaire pour 2013 et 2014 et la mise en oeuvre de la réforme du marché du travail » a pour sa part estimé un dirigeant de la BCE, Jörg Asmussen, dans la presse grecque lundi.

M. Samaras présentera le résultat des tractations vendredi dans son discours de politique générale devant le Parlement, où il tentera à la fois d’expliquer comment réaliser les économies jugées indispensables par les créanciers tout en desserrant l’étau de la rigueur qui nourrit la récession.

Les chefs de mission de la troïka ont demandé à revoir le ministre des Finances, probablement dimanche matin, avant leur départ pour Bruxelles pour faire le point, a précisé une source au ministère.

Signe de l’exaspération qui monte chez les partenaires de la Grèce, le ministre suédois des Finances Anders Borg a envisagé jeudi une faillite de l’Etat grec pure et simple.

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