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Une archive révèle qu’Hitler a protégé un ancien camarade de régiment juif

Une archive révèle qu’Hitler a protégé un ancien camarade de régiment juif
Dernière mise à jour le 07/07/2012 à 13:57

Un document d’archives de la Gestapo de Düsseldorf, retrouvé par une historienne, établit qu’Adolf Hitler a accordé sa protection provisoire à un officier juif de son unité combattante pendant la Première Guerre mondiale, a-t-on appris samedi auprès de l’historienne.

Ce document qui porte l’en-tête du chef de la SS, Heinrich Himmler, a été retrouvé par Susanne Mauss, historienne et membre du comité de rédaction du journal « Jewish Voice from Germany », qui produit une copie de la lettre, dans son numéro de juillet.

On peut y lire qu’Ernst Hess, un juge du tribunal d’instance de Düsseldorf, « était pendant la guerre 1914/1918 dans la même compagnie que le Führer et provisoirement le chef de compagnie du Führer ».

Le document fait remarquer que M. Hess « est Juif avec quatre grands-parents juifs » mais souligne qu’Adolf Hitler souhaiterait voir la demande du juge d’obtenir un traitement d’exception être prise en compte « avec bienveillance ».

La lettre se termine par une invitation lancée aux autorités compétentes à « laisser tranquille à tous égards » l’intéressé.

Mme Mauss a découvert ce document à l’occasion de ses recherches pour la préparation d’une exposition intitulée « Avocats sans droit » sur l’histoire des avocats d’origine juive dans le district de Düsseldorf (ouest) l’année dernière.

Ernst Moritz Hess, né en 1890 à Gelsenkirchen (ouest), bien que baptisé protestant, était considéré comme juif selon les lois raciales de Nuremberg.

Il était le fils d’un avocat, Julius Hess, et d’Elizabeth née Heertz, issue d’une famille de banquiers de Wetzlar (ouest), et était marié à Margarete Witte, de confession protestante.

Après avoir dû quitter son poste de juge en 1936, il avait envoyé une requête à Hitler lui demandant, au regard de ses services rendus à la patrie durant la Première guerre mondiale, un régime d’exception.

Décoré des croix de fer de première et deuxième classe ainsi que de l’ordre du mérite militaire bavarois, Hess avait terminé le premier conflit mondial au grade de lieutenant.

Le document de la Gestapo « fait référence au souhait (Wunsch en allemand) du Führer et ça, c’est vraiment étonnant », a expliqué à l’AFP l’historienne qui souligne que l’évocation du Führer dans ce type de correspondances était très rare.

C’est par l’entremise d’un autre camarade de régiment qu’Hess a pu profiter de cette bienveillance, selon sa fille Ursula, 86 ans aujourd’hui, que Mme Mauss a retrouvée à Francfort et qui témoigne dans « Jewish Voice from Germany ».

Cet homme, Fritz Wiedemann, était aide de camp au sein du 16e régiment d’infanterie bavarois dans lequel Hess et Hitler ont également servi, avant de devenir l’aide de camp personnel d’Hitler de 1934 à 1939.

Selon l’enquête conduite par l’historienne, Ernst Hess a pu effectivement profiter de cette protection mais de manière provisoire, puisque ce document qui porte la date du 19 août 1940 lui a été retiré au printemps 1941.

L’ancien officier supérieur d’Hitler a ensuite été déporté au camp de Milbertshofen, près de Munich (sud).

Malgré les conditions très difficiles de sa détention, Ernst Hess a survécu à la guerre. Il a ensuite fait carrière dans les chemins de fer allemands et est décédé le 14 septembre 1983 à Francfort.

Sa soeur, Berta, est morte en déportation.

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