Aufait Maroc

L’ambassadeur de Syrie au Maroc déclaré persona non grata : Damas applique le principe de réciprocité

L’ambassadeur de Syrie au Maroc déclaré persona non grata : Damas applique le principe de réciprocité
Dernière mise à jour le 16/07/2012 à 11:37

Le ministère syrien des Affaires Etrangères a annoncé lundi que l’ambassadeur du Maroc en Syrie Mohamed Elkhsassi, était considéré comme persona non grata, et ceci, peu après une annonce identique de Rabat frappant l’ambassadeur syrien.

“Le Maroc déclare l’ambassadeur de Syrie à Rabat persona non grata et lui demande de quitter le Royaume”, affirmait lundi matin un communiqué du ministère des Affaires étrangères, alors que la Syrie est en proie depuis 16 mois à une révolte populaire hostile au régime qui s’est militarisée face à la répression sanglante.

“Le Royaume du Maroc qui s’est engagé avec sérieux et dynamisme dans toutes les décisions et initiatives arabes et internationales visant le règlement de la crise syrienne, en veillant à donner toutes leurs chances aux efforts pour mettre fin à la violence, affirme que la situation en Syrie ne peut perdurer et décide de demander à l’ambassadeur syrien de quitter le Royaume, étant considéré persona non grata.”

Extrait du communiqué du ministère des Affaires étrangères et de la coopération.

En réponse, un communiqué publié par la télévision officielle syrienne indiquait peu après que “le ministère des Affaires Etrangères a informé les autorités marocaines de la décision de la Syrie de considérer l’ambassadeur du Maroc accrédité à Damas comme persona non grata selon le principe de réciprocité”.

Rabat rejoint la position des monarchies arabes du Golfe

Par ce geste, le Maroc rejoint la position des monarchies arabes du Golfe, qui avaient, dès le 7 février dernier, décidé l’expulsion des ambassadeurs syriens dans leurs pays.

Dans un communiqué, les six pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) avaient alors dénoncé le “massacre collectif” commis par le régime de Bachar el-Assad, et appelé les pays arabes à prendre des “mesures décisives” pour arrêter la répression en Syrie.

Par ce geste, les six monarchies avaient ainsi exprimé leur colère contre le régime de Bachar el-Assad qui avait totalement ignoré la main que lui tendaient alors les pays arabes pour résoudre la crise et arrêter le bain de sang, et que par conséquent, les relations diplomatiques étaient devenues improductives voire inutiles.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), plus de 17.000 personnes, en majorité des civils, ont péri dans la répression et les combats depuis le début, mi-mars 2011, d’un mouvement de contestation populaire lancé dans le sillage du Printemps arabe.

Les “Amis du peuple syrien” en août au Maroc

Le 6 juillet, les participants à une troisième conférence des “Amis du peuple syrien” réunis à Paris, avaient décidé “d’accroître massivement l’aide à l’opposition”, notamment par des moyens de communication, et avaient convenu d’organiser leurs prochaines rencontres au Maroc puis en Italie.

Saad Dine El Otmani, ministre des Affaires étrangères et de la coopération, qui représentait le Maroc aux travaux de cette conférence, avait alors déclaré que le prochain rendez-vous au Maroc pourrait avoir lieu au courant de l’été, “vraisemblablement au mois d’août”.

Le Maroc qui assure suivre “avec intérêt et profonde préoccupation la violence que subit le peuple syrien frère”, relève le communiqué paru hier, déplore “la recrudescence, durant les derniers jours, des massacres atroces ayant fait des centaines de victimes civiles désarmées, dont des dizaines d’enfants innocents”.

Le Maroc invite également la communauté internationale “à prendre des mesures effectives et fermes pour une transition politique vers une démocratie garantissant l’unité et la stabilité de la Syrie”, poursuit encore le texte.

A lire aussi...