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Déprogrammation du film “Persépolis” à Tanger : Deux réalisateurs s’indignent

Déprogrammation du film “Persépolis” à Tanger : Deux réalisateurs s’indignent
Dernière mise à jour le 16/07/2012 à 17:15

Sur le site Rue 89 qui a relayé la déprogrammation inattendue du film animé Persépolis du festival de la cinémathèque de Tanger, Cyriac Auriol cofondateur avec Yto Berrada de la Cinémathèque de Tanger, explique que programmer Persépolis, “relevait de la volonté d’envoyer un signal de normalité; un signal discret, mais que les gens intéressés sauraient voir, que le Maroc n’est pas la Tunisie et que nous ne vivons pas dans un pays soumis à la censure.”

En effet, l’exemple de la Tunisie, -où la diffusion de ce film par Nessma TV en octobre dernier avait provoqué la colère des islamistes avec manifestations puis attaque du siège de la chaîne tunisienne à la clé, à cause de la présence d’une représentation d’Allah dans le film-, est dans toutes les têtes, face à cette déprogrammation.

Les jeunes réalisateurs indignés

Mohamed Achaour, un jeune réalisateur qui a lui-même subi la censure en novembre dernier lors de la sortie de son film intitulé Un Film, à cause de la présence de scènes à caractère sexuel, s’insurge: “Il faut que la personne qui a pris la décision de déprogrammer le film Persépolis prenne ses responsabilités et explique au public marocain pourquoi le film a été censuré. Face à ce genre de choses, on ne peut que s’indigner et refuser une main mise sur la culture”.

Sa plus grande crainte à l’avenir est de voir de plus en plus de réalisateurs et artistes marocains s’autocensurer dans leur œuvre, afin d’éviter de s’attirer les foudres des islamistes et conservateurs de la société.

Tout aussi scandalisé, Kamal Hachkar, réalisateur franco-marocain du documentaire Tinghir-Jérusalem: les Echos du Mellah, un film que des députés du PJD ont accusé au Parlement, de vouloir “normaliser” les relations avec Israël, se dit, lui, choqué par “le silence des intellectuels et artistes marocains qui ne réagissent pas à cette autocensure.”

“Il faut se bouger et montrer à ces islamistes qu’on peut combattre leurs idées et qu’on n’a pas peur d’eux”, conclut Kamal Hachkar.

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